Politique

Un haut diplomate indien estime que l’IMEC « progresse, mais pas au rythme initialement attendu »

- « Le monde s’oriente vers une multipolarité accrue », a déclaré le chef de la diplomatie indienne Subramanyam Jaishankar lors de la Conférence de Munich sur la sécurité

Ahmad Adil  | 15.02.2026 - Mıse À Jour : 15.02.2026
Un haut diplomate indien estime que l’IMEC « progresse, mais pas au rythme initialement attendu »

Delhi

AA/ New Delhi/Ahmad Adil

Le corridor Inde–Moyen-Orient–Europe (IMEC) « progresse, mais pas au rythme initialement attendu », a déclaré samedi le ministre indien des Affaires étrangères, Subrahmanyam Jaishankar, lors de son intervention à la Conférence de Munich sur la sécurité.

Annoncé en 2023, l’IMEC est un projet multinational ferroviaire et maritime réunissant l’Inde, les États-Unis, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Israël, la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Union européenne.

Le corridor vise à relier l’Inde au Moyen-Orient et à l’Europe afin de renforcer les échanges commerciaux, l’accès à l’énergie et la connectivité numérique.

Interrogé lors du panel « Naviguer dans l’incertitude : l’Inde et l’Allemagne face à un monde en désordre» sur l’état d’avancement du projet, Jaishankar a répondu : « La réponse est plutôt oui.

Mais pas au rythme auquel les gens s’attendaient au départ, ce qui est compréhensible, car un conflit majeur était en cours au Moyen-Orient et l’attention de tous était concentrée sur cette crise. »

Le chef de la diplomatie indienne a souligné l’« important intérêt européen et indien » pour l’IMEC, précisant que « l’objectif du corridor est d’améliorer la connectivité et la logistique, et de soutenir l’économie… l’IMEC n’a pas vocation à résoudre la question palestinienne ».

Estimant que le monde « s’oriente vers une multipolarité accrue », Jaishankar a affirmé qu’« il y aura de plus en plus de centres de décision indépendants ou autonomes ».

Selon lui, l’ordre mondial a subi « une série de chocs » au cours des cinq dernières années, accélérant ses mutations : la pandémie de COVID-19, la guerre en Ukraine, la situation au Moyen-Orient et, en Europe, le Brexit.

Répondant à une question sur l’impact du récent accord commercial Inde–États-Unis sur la réduction des importations de pétrole russe et la « stratégie d’autonomie » de New Delhi, le ministre a assuré : « Nous sommes profondément attachés à l’autonomie stratégique. Elle fait partie de notre histoire et de notre évolution. »

« En matière d’énergie, le marché est aujourd’hui complexe », a-t-il ajouté.

« Les compagnies pétrolières en Inde, comme en Europe et ailleurs, évaluent la disponibilité, les coûts et les risques, et prennent les décisions qu’elles jugent conformes à leurs intérêts. »

*Traduit de l'anglais par Sanaa Amir

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