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09 Janvier 2021•Mise à jour: 10 Janvier 2021
AA / Montréal / Hatem Kattou
Le Premier ministre canadien Justin Trudeau s’est dit « choqué », vendredi, par « l'attaque contre la démocratie » commise au siège du Capitole à Washington, par des individus violents, qui ont été encouragés, selon lui, par le président américain Donald Trump.
Trudeau a évoqué ce sujet en répondant aux questions de journalistes, au cours de son intervention quotidienne, à Ottawa, pour faire le point sur la pandémie de la Covid-19 dans le pays.
« Je pense qu'on a tous vu ce que le président a dit, on a tous vu les scènes horrifiantes d'une foule violente qui voulait renverser les institutions démocratiques aux Etats-Unis », a lancé Trudeau lors de son point de presse animé devant sa résidence.
« On a tous été choqués de voir des extrémistes incités par le président [Trump] agir avec autant de violence pour saccager le Capitole à Washington », a-t-il poursuivi.
Trudeau a estimé que « les mots utilisés par les dirigeants politiques avaient un impact direct sur le comportement des individus », relevant que tout le monde avait « entendu ce que le président sortant avait dit avant que les événements horribles ne se déroulent ».
Evoquant la situation dans son pays et exprimant des appréhensions de voir les évènements de Washington s’étendre au Canada, Trudeau a indiqué, en substance, que « ce qui s’est passé au Capitole nous interpelle et nous rappelle qu’il ne faut jamais considérer la démocratie comme étant acquise ».
Abondant dans le même sens, il a souligné : « Nous savons que, même si nous regardons avec une extrême inquiétude tout ce qui se passe aux Etats-Unis ces derniers jours, nous ne sommes pas à l’abri de cela au Canada ».
Trudeau a tenu à indiquer que les Canadiens et leurs dirigeants se doivent d’assumer la « responsabilité partagée de protéger et de défendre la démocratie ».
Il a précisé avoir discuté de cette question, jeudi, lors de sa réunion avec les Premiers ministres des provinces et des territoires canadiens, à qui il a lancé : « malgré ses forces, la démocratie demande du travail pour être soutenue ».
« Les Canadiens s’attendent à ce que leurs dirigeants politiques protègent notre précieuse démocratie par la façon dont nous nous conduisons », a encore dit Trudeau, rappelant que « la démocratie canadienne n’est pas le fruit du hasard et ne se poursuivra pas sans effort ».
A la question de l’inscription du groupe d’extrême droite « Proud Boys » sur la liste des groupes terroristes, Trudeau a rétorqué que « les décisions par rapport au listage de groupes terroristes se font en coordination avec nos agences de sécurité.
On prend ça au sérieux et on va continuer à faire ce qu’on peut pour se battre contre la haine et la violence ».
La section canadienne des « Proud Boys », une formation américaine d’extrême droite, était présente aux évènements du Capitole, qui ont vu des émeutiers violents prendre d’assaut, mercredi, le siège de l’institution américaine pour entraver la séance de certification de la victoire du président américain élu, Joe Biden.
Jagmeet Singh, chef du Nouveau Parti Démocratique (NPD), un parti politique canadien d’opposition qui siège à la chambre des communes, avait réclamé, jeudi, d’ajouter les « Proud Boys » sur la liste des entités terroristes, ce qui a poussé le Premier ministre Trudeau à réagir.
Créé à New York en 2016 par un canadien, Gavin McInnes, le groupe est installé dans plusieurs Etats américains et revendique également une présence dans d’autres pays, notamment, le Canada, l’Australie et Israël. Il s’agit de suprémacistes blancs, exclusivement des hommes, qui sont majoritairement pro-Trump.