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09 Janvier 2021•Mise à jour: 09 Janvier 2021
AA / Bagdad / Ibrahim Salah
Les Etats-Unis ont annoncé, vendredi, avoir infligé des sanctions à l'endroit du chef de l'instance de la « Mobilisation populaire » (al-Hashd al-Chaabi) en Irak, Faleh Fayadh, pour ses « liens avec des violations des droits de l’Homme ».
C'est ce qui ressort d'un communiqué rendu public, vendredi, par le département du Trésor américain, et dont Anadolu a eu copie.
« Les sanctions concernent entre autres « la saisie de l'ensemble des biens et des intérêts personnels de Fayadh aux Etats-Unis ainsi que de toute entité au sein de laquelle il dispose de 50 pc d'actions ou qu’il possède avec d'autres personnes de manière directe ou indirecte », lit-on dans le communiqué.
Les sanctions infligées à Fayadh interviennent en vertu du décret exécutif numéro 13818, qui prévoit de sanctionner les corrompus et les individus qui violent les droits de l'Homme à travers le monde, poursuit le département.
« Les milices de la Mobilisation, loyales à l'Iran, ont agressé des manifestants irakiens, en octobre 2019, sortis pour dénoncer la corruption, le chômage, la stagnation économique, la mauvaise qualité des services publics ainsi que l'ingérence de l'Iran dans les affaires intérieures irakiennes », poursuit le communiqué.
« Les éléments loyaux à l'Iran au sein de la Mobilisation populaire continuent de lancer une campagne d'assassinats contre des activistes politiques en Irak qui appellent à la tenue d'élections libres et transparentes, au respect des droits de l'Homme et à la désignation d'un gouvernement qui ne serait pas corrompu », ajoute le communiqué.
Citant Steven Munchin, Secrétaire du Trésor, le communiqué indique que les « hommes politiques et les parties alliées à l'Iran, tel que Faleh Fayadh, ont lancé une violente campagne contre la démocratie irakienne et la société civile à travers la supervision et la direction des opérations d'assassinats de manifestants pacifiques ».
Fayadh fait partie des principaux hommes politiques chiites en Irak. Il occupait à côté de son actuel poste celui de conseiller à la Sécurité nationale. Néanmoins, le Premier ministre irakien Moustafa Al-Kazimi l’avait démis de ses fonctions, il y a de cela plusieurs mois.
La « Mobilisation populaire » a été mise sur pied pour combattre l'organisation terroriste de Daech, qui avait envahi le nord et l'ouest de l'Irak, en 2014. La « Mobilisation » avait appuyé l'armée irakienne dans sa guerre contre Daech.
Cependant, la « Mobilisation populaire », en particulier les factions proches de l'Iran, font face à des accusations d'exactions et de violations des droits de l'Homme contre les Sunnites. La « Mobilisation » est également pointée du doigt pour « la répression des protestations populaires » qui avaient débuté en 2019, contre la classe politique irakienne, accusée de corruption et de servitude à l'étranger.
*Traduit de l’Arabe par Hatem Kattou