AA/Khartoum (Soudan)/ Mohamed al-Khatem
Le chef de l’opposition soudanaise et ancien Premier ministre, Sadeq al-Mahdi, a été déféré devant un tribunal sur des charges de diffamation à l’encontre des appareils de sécurité et de renseignements du pays.
« Le Parquet a porté l’affaire devant le tribunal » a indiqué, jeudi, l’avocat de la défense, Kamal al-Gazoli, à l’Agence Anadolu (AA).
Al-Mahdi a été arrêté, le mois dernier, pour avoir porté atteinte à la réputation des services de renseignements et de sécurité travaillant avec l’armée soudanaise dans la région du Darfour Ouest.
Le National Umma Party (NUP), parti politique d’al-Mahdi, a lié l’arrestation de l’ex-Premier ministre soudanais, âgé de 78 ans, à ses précédentes critiques contre les agences de sécurité nationales, auxquelles il avait reproché des violences perpétrées au Darfour.
Al-Mahdi a pour sa part, rejeté les allégations en les qualifiant de «nulles et non avenues».
Sadeq al-Mahdi est le dernier chef du gouvernement élu au Soudan, qui avait été renversé en 1989 par l’actuel président Omar al-Bachir avec le concours de forces d’obédience islamique.
Ces récents mois, les forces de l’opposition ont critiqué la police soudanaise combattant aux côtés de l’armée au Darfour et que les rebelles accusent de comettre des exactions en se basant sur l’origine ethnique.
Le Darfour est ravagé par un conflit meurtrier depuis que trois groupes rebelles ont pris les armes contre le gouvernement de Khartoum, en 2003.
Les Nations Unies, qui ont décrit la situation dans la région comme « une des pires crises humanitaires au monde », ont fait état de plus de 300 000 personnes tuées et quelques 1,8 million déplacés depuis le début des hostilités.