AA/Kinshasa/Aurélie Fontaine
11 personnes ont été tuées, lundi et mardi, dans des manifestations en République démocratique du Congo, contre un projet de loi électoral qui pourrait retarder l'élection présidentielle 2016, selon un bilan officiel, rendu public mercredi.
Dans une déclaration à la presse, le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, a précisé que 10 civils et un policier ont été tués entre lundi et mardi, tandis que 343 manifestants arrêtés seront présentés à la justice mercredi. Mende avait averti lundi soir, à la télévision nationale, que la justice sévirait, notamment en raison des pillages constatés par les forces de l’ordre dans la capitale et particulièrement à l’Est de Kinshasa, dans les quartiers populaires.
Selon le dernier bilan fourni mardi par l’opposition, 13 manifestants ont été tués ces deux derniers jours.
La tension est toujours vive, mercredi à Kinshasa, où les forces de police ont dispersé les manifestations d'étudiants de l’Université de Kinshasa - "symbole de la révolte" pour eux - en tirant des balles réelles et des gaz lacrymogènes.
Aucune perte en vie humaine n’a cependant été enregistrée mercredi jusqu’à 11h GMT.
La population n'a plus accès au service internet et aux sms depuis lundi soir, sans qu'ils n'aient eu d'explications officielles mais plusieurs membres de l'opposition soupçonnent les autorités d'avoir sciemment coupé cet accès pour empêcher de futurs rassemblements.
Le ministre de l’intérieur provincial de Kinshasa, Emmanuel Akwete, contacté par Anadolu a confirmé que la situation était « tendue ce mercredi ». « La maison commune à la Ngaba (quartier de Kinshasa) a été brûlé et quatre armes ont été volés et les pillages se poursuivent dans la capitale », a-t-il déclaré.
« Cependant je considère que la situation s’est globalement améliorée par rapport à mardi », a-t-il souligné.
Depuis lundi, l’opposition et la société civile congolaise ont appelé à des manifestations dans une tentative d’empêcher les législateurs d’approuver un projet de loi électoral qui conditionne la tenue des élections présidentielles de 2016 à un recensement de toute la population congolaise.
Alors que l’opposition affirme que cette loi retarderait le scrutin de plusieurs années, ce qui jouerait à l’avantage du président Joseph Kabila au pouvoir depuis 2011, le gouvernement soutient de son côté qu’il s’agit d’une loi qui garantit le déroulement d’élections « libres et transparentes ».