AA/Goma/Al-hadji Kudra Maliro
Au moins trois civils ont été tués, jeudi, à Goma, dans l’Est de la République Démocratique du Congo, lors d'affrontements entre la police et des manifestants opposés à un projet de loi électorale qui entrainerait le report des élections de 2016, selon Fred Bauma, un membre de la société civile joint par Anadolu.
Alors qu’un calme précaire est revenu jeudi matin à Kinshasa, la capitale congolaise, après trois jours de manifestations sanglantes qui ont fait une dizaine de morts, selon le gouvernement, une quarantaine de morts selon l’opposition, c’est à présent la ville de Goma qui s’embrase alors que le projet de loi électorale, raison des troubles, est actuellement examiné au Sénat.
« Les affrontements entre quelques centaines de manifestants et les forces de police ont démarré ce matin à 8h30 (locale) à proximité de l’Université de Goma. Les jeunes se sont rassemblés et la police a aussitôt tenter de les disperser en faisant usage de bombe lacrymogène et de tirs à balle réelle. Les manifestants ont répliqué en jetant des cailloux », a déclaré Bauma du mouvement de jeunes de Lutte pour le changement (Lucha)..
« Parmi les victimes, il y a un motard, un boucher et un jeune de moins de 15 ans. Mais le bilan pourrait être plus lourd », a-t-il ajouté.
« Spontanément, des manifestants se sont rassemblés dans d’autres quartiers de la ville et les commerces ont été fermés. Plusieurs personnes ont été arrêtées. Des arrestations d'opposants, d'une part, mais aussi des arrestations arbitraires », poursuit Bauma.
Joint par Anadolu, le maire de la ville de Goma, Kubuya Ndoole, n'a pas été en mesure de confirmer le bilan des morts, ni les arrestations mais fait état de quatre commissariats de la ville incendiés.
Ndoole a également annoncé la fermeture des établissements scolaires de la ville jusqu’à lundi.
Le Sénat est réuni depuis 14H (13h GMT) en séance plénière pour examiner et voter un projet de loi électorale qui préconise l'organisation d'un recensement général de la population avant les élections générales de 2016.
Ce recensement, qui "pourrait prendre des années", est vu par l'opposition, comme une volonté de Joseph Kabila, de se maintenir au pouvoir après 14 ans de règne.
De son côté, le pouvoir assure qu'il s'agit d'une mesure qui garantira des "élections libres et transparentes".
"Si ce projet de loi passe, soyez sûr que les congolais ne cesseront pas de manifester et un scénario semblable à celui du Burkina Faso (un soulèvement populaire a conduit le président Blaise Compaoré au pouvoir depuis 27 ans, à la démission forcée) est tout à fait envisageable", avertit Fred Bauma.