Politique

Le tribunal administratif suspend l’interdiction du Rassemblement des Musulmans de France

- La justice administrative autorise in extremis la tenue de la 40e édition du rassemblement annuel, initialement interdite.

Ümit Dönmez, Feiza Ben Mohamed  | 03.04.2026 - Mıse À Jour : 03.04.2026
Le tribunal administratif suspend l’interdiction du Rassemblement des Musulmans de France

Ile-de-France

AA / Paris / Ümit Dönmez - Feïza Ben Mohamed

Le tribunal administratif de Paris a suspendu, vendredi, la décision d’interdire la tenue de la 40e édition du Rassemblement annuel des Musulmans de France, permettant ainsi son maintien.

La juridiction administrative a donné raison au recours des organisateurs en urgence, contestant une décision préfectorale visant à interdire le salon, a appris Anadolu auprès des organisateurs. Ils ont ainsi fait savoir que le rassemblement pourra se tenir comme prévu, saluant une décision qu’ils estiment conforme aux principes de liberté de réunion.

Les organisateurs avaient saisi la justice en référé, procédure permettant de contester rapidement une décision administrative jugée attentatoire aux libertés fondamentales. Ils considéraient que l’interdiction portait une atteinte disproportionnée à la liberté de culte et de réunion, dans un contexte marqué par des préoccupations sécuritaires avancées par les autorités.

Les motivations précises du tribunal administratif n’ont pas été immédiatement détaillées publiquement, mais cette suspension implique que les arguments de l’administration n’ont pas été jugés suffisants à ce stade pour justifier une interdiction totale de l’événement.

Le Rassemblement annuel des Musulmans de France constitue l’un des plus importants événements religieux musulmans en Europe, réunissant chaque année plusieurs milliers de participants autour de conférences, de prières collectives et de débats.

La décision de la préfecture de police d’interdire la 40ᵉ édition du Rassemblement annuel des Musulmans de France (RAMF), prévue du 3 au 6 avril au Parc des expositions du Bourget, avait suscité une vive controverse politique et juridique, à la veille de son ouverture.

Cette interdiction avait été officiellement notifiée le 1ᵉʳ avril à 21 h à la fédération Musulmans de France par la Préfecture de Police de Paris. L’arrêté invoque un contexte international jugé sensible, susceptible d’exposer les participants à une menace sécuritaire.

Toutefois, cette justification avait été contestée par les organisateurs et leur avocat Maître Sefen Guez Guez, qui a dénoncé un motif « de pure forme ». Selon lui, l’argument sécuritaire apparaissait comme une décision tardive, prise à la veille de l’événement, après plusieurs mois de préparation.

Bien que l'arrêté mentionne un risque d’attaque de l’ultra-droite, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a reconnu ce vendredi que sa décision se base sur son interprétation que l’événement serait lié aux Frères musulmans.


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