AA/Djouba (Soudan du Sud)/ Okech Francis
Le président du Soudan du Sud, Salva Kiir, a dépêché un envoyé personnel mardi, pour délivrer une lettre au Premier ministre éthiopien, Hailemariam Desalegn, protestant contre des "remarques diffamatoires" émises par le Secrétaire exécutif de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD).
« Le président a dépêché aujourd’hui, un envoyé auprès du Premier ministre éthiopien pour lui délivrer une lettre à propos de la déclaration de l’IGAD » a déclaré le ministre sud-soudanais des Affaires étrangères, Barnaba Marial Benjamin, lors d’un point de presse à Djouba.
« Le ministre délégué auprès du Président est en Ethiopie actuellement, nous saurons plus tard ce qu’il dira» a répondu Benjamin à une question de l’Agence Anadolu (AA).
D’après des rapports de médias, Mahboub Maalim, Secrétaire exécutif de l’IGAD - bloc commercial de l’Afrique de l’Est médiateur entre les deux camps rivaux du Soudan du Sud- a déclaré que Kiir et le vice-président sud-soudanais limogé et chef des rebelles, Riek Machar, étaient «stupides» s’ils pensaient gagner le conflit sur un champ de bataille.
«Si on veut attribuer les responsabilités, ce seraient les leurs, je crois qu’à un moment ils ont cru pouvoir gagner sur le terrain militaire, quelque chose qui est très stupide» aurait déclaré Maalim, cité par des médias.
Le Secrétaire exécutif a, pour sa part, catégoriquement nié avoir tenu des propos diffamatoires à l’encontre de Kiir et de Machar.
« Il n’est pas vrai que j’ai insulté son Excellence, le président. Mon âge, mon rang, mon expérience ne ressemblent pas du tout à ce dont j’ai été accusé. J’ai conscience que [le Soudan du Sud] est un grand pays qui est un membre à part entière de l’IGAD» a déclaré mardi, Maalim à Anadolu, peu après son arrivée à Djouba pour tenter de contenir une possible crise diplomatique.
« Ceci n’est pas seulement une citation inexacte, mais un complot pour ébranler la fraternité et les relations entre les pays de l’IGAD » a affirmé Maalim.
Lundi, des représentants du gouvernement et de l’opposition sud-soudanais avaient boycotté les pourparlers de paix d’Addis-Abeba en réaction aux propos de Maalim.
La délégation du gouvernement de Djouba avait alors posé comme condition de retour aux négociations des excuses publiques du Secrétaire exécutif de l’IGAD et le retrait de la déclaration «diffamatoire» qui a circulé dans les médias éthiopiens.
L’opposition avait déclaré pour sa part, que «la sélection biaisée des représentants de la société civile, largement dominés par le gouvernement soudanais et qui ne représentent pas l’opposition» avait motivé leur décision.
Les deux camps rivaux du Soudan du Sud ont signé le 9 mai, un accord de paix, suite à l’adoption d’une cessation des hostilités, en janvier. L’accord appelle à la formation d’un gouvernement de transition ouvrant la voie à des consultations pour l’établissement d’un cabinet permanent.
Aucun des deux arrangements n’a cependant réussi à mettre fin aux hostilités, les deux leaders continuent de s’accuser mutuellement de violer les clauses du pacte de paix.