Mounir Bennour
06 Décembre 2020•Mise à jour: 06 Décembre 2020
AA / Beyrouth/ Hassan Darwish
Le chef du parti « Forces libanaises » Samir Geagea a menacé, dimanche, de saisir la Cour pénale internationale, si l'enquête locale sur l'explosion du port de Beyrouth n'aboutissait pas à des résultats clairs.
Ces propos ont été tenus lors d’un discours à l'occasion d’une réunion publique au siège du parti dans le village de « Maarab » au nord de la capitale Beyrouth, selon l’agence de presse officielle libanaise.
Geagea a déclaré : « Si l'enquête locale sur l'explosion du port ne conduit pas à des résultats clairs et convaincants, nous tenterons de nous adresser à la Cour pénale internationale pour découvrir la vérité et les circonstances de ce crime ».
Le 4 août dernier, une énorme explosion s'est produite dans le hangar n°12 du port de Beyrouth. Selon les estimations officielles, il contenait environ 2750 tonnes de « nitrate d'ammonium », un produit hautement explosif confisqué sur un navire et stocké sur place depuis 2014.
L'explosion a causé 200 morts, plus de 6 000 blessés, et a privé plus de 300.000 personnes de leurs habitations, obligeant un grand nombre de familles à séjourner dans des hôtels et autres abris de fortune.
À la date du 7 novembre, le Conseil de la magistrature du Liban a annoncé qu'au total 28 personnes avaient été mises en examen dans le cadre de l'enquête sur l'explosion du port, dont 3 par contumace parce qu'elles n'étaient pas présentes dans le pays.
Concernant l'audit financier judiciaire, Geagea a déclaré que le dossier « a finalement pris son bon chemin et nous le suivrons à chaque étape jusqu'au bout ».
La semaine dernière, le Parlement libanais a décidé de soumettre la Banque centrale et les ministères à un contrôle financier judiciaire. Cette procédure était interdite par la loi du « secret bancaire » depuis 1956.
La loi interdit la divulgation du « secret bancaire » à toute partie, qu'elle soit judiciaire, administrative ou financière, sauf dans certains cas exceptionnels. Cette législation a favorisé un climat financier attractif pour des capitaux venant de pays arabes et étrangers.
Depuis plus d'un an, le Liban souffre d'une grave crise économique, la pire depuis la fin de la guerre civile (1975-1990), qui a conduit à un effondrement financier, ainsi que des pertes économiques importantes subies par la Banque centrale.
*Traduit de l'arabe par Mounir Bennour.