AA/Abidjan/Fulbert Yao
Le Tribunal militaire d’Abidjan a ouvert, lundi, le procès de huit soldats accusés du meurtre de sept sympathisantes de l'opposition, durant la crise postélectorale de 2010-2011, a appris Anadolu de source judiciaire.
Le commandant Gnahoua Dablet et sept autres soldats ivoiriens sont accusés d’avoir ouvert le feu sur ces femmes alors qu’elles manifestaient à Abobo (nord d’Abidjan) en faveur d’Alassane Ouattara, l’actuel président, en pleine crise postélectorale, scandant «Gbagbo, dégage ! » (en référence à l'ex-président Laurent Gbagbo), «On ne veut pas de Gbagbo», « Alassane président» après le second tour de la présidentielle de 2010, selon une source proche du parquet militaire ivoirien.
Comme eux, 14 soldats de la garde rapprochée de l'ex-président Gbagbo, accusés de «violation de consignes» durant la crise postélectorale, vont également comparaitre à partir de mardi devant le tribunal militaire, selon la même source.
Ce procès des militaires intervient alors que les avocats de l’ex-première Dame ivoirienne, Simone Gbagbo, condamnée à 20 ans de prison pour « atteinte à la sûreté de l’Etat» durant la crise, ont introduit lundi matin un recours en cassation contre la condamnation.
La crise post-électorale, déclenchée par le refus de l’ex-président, Laurent Gbagbo, de reconnaître une victoire de son rival Alassane Ouattara à la présidentielle de novembre 2010, a fait plus de 3.000 morts en cinq mois, selon un rapport de l’Organisation des Nations Unies (ONU).
Laurent Gbagbo est emprisonné, depuis fin novembre 2011, à La Haye, aux Pays-Bas, en attente d'être jugé en juillet prochain par la Cour pénale internationale (CPI) pour des "crimes contre l'humanité".