AA/ Abidjan/ Clarisse Bolonga
Le vote du bureau de la Commission électorale ivoirienne indépendante s’est déroulé vendredi, enregistrant le retrait des représentants de l’opposition et de la société civile, a rapporté une correspondante de Anadolu.
Après plus de 8 heures de discussions marquées par quelques tensions internes, Auguste Miremont, président de la séance du vote de la CEI a annoncé les noms des six nouveaux membres de la Commission. Bakayoko Youssouf a été élu président, suivi par trois vice-présidents : Sourou Koné, Gervais Coulibaly et Auguste Miremont. André Zano Gogognon, lui, a été élu en qualité de secrétaire et Victoire Allé Amlan, en tant que secrétaire adjoint.
Bakayoko est membre du Parti Démocrate de Côte d’Ivoire, Miremont représente l’Union pour la démocratie et la paix. Les deux partis relèvent de la mouvance présidentielle. Koné, lui, siège en tant que représentant du chef de l’Etat, Alassane Ouattara.
Quant aux trois autres, Coulibaly, Gogognon et Amlan, ils sont respectivement de la Ligue des Mouvements pour le Progrès et du Rassemblement des Peuples de Côte d’Ivoire (tous deux de l'opposition) ainsi que du barreau d’Abidjan.
La séance a néanmoins été marquée par le retrait de 5 des 17 membres prévus pour la commission. Ils estimaient que M.Bakayoko ne peut pas faire l'objet d'un consenus et exigaient l'élection d'une personnalité incontestable à la tête de la CEI. Il s'agit de trois représentants de l’Alliance des forces démocratiques, qui englobe le Front Populaire Ivoirien (opposition), d'un représentant du Mouvement des Forces d’Avenir et d'un prêtre représentant la société civile.
« Les premiers membres de la Commission électorale indépendante ont été nommés au cour de juillet. Alors que nous (l’opposition regroupée au sein de l’Alliance, ndlr), sommes arrivés en août. Il était prévu de rattraper, lors de cette rencontre, les déséquilibres qui marquaient la composition de la CEI. Mais nos vis-à-vis n’ont pas respecté leurs engagement c'est pourquoi nous nous sommes retirés», a expliqué à Anadolu Bertin Gané, secrétaire général du Rassemblement pour la Paix et membre de l’Alliance des forces démocratiques (opposition).
Martial Boni Boni, représentant de l’Eglise catholique a pour sa part expliqué son retrait par l’absence de certaines sensibilités ivoiriennes, dont la présence est « utile » pour l’équilibre du paysage politique du pays : « l’Eglise catholique aurait souhaité que tous les enfants de ce pays puissent se retrouver et s’entendre pour aller de l’avant. Dès lors que certains se sont retirés, nous ne pouvions pas continuer».
Malgré le retrait des personnes protestataires, le vote a eu lieu. «Le bureau que j’ai l’honneur de vous présenter, a été construit, quoiqu’on dise, sur une base consensuelle.... Nous étions dix- sept jusqu’au moment du vote. Toutefois, cinq sont partis pour des raisons diverses. De toutes les manières, le quorum était largement atteint », a annoncé Auguste Miremont.
Avançant les priorités de la CEI, M. Bakayoko a noté : « nous allons travailler en prenant en considération toutes les questions urgentes qui sont restées en suspens. Il y a la liste électorale, la mise sur pied des commissions électorales locales et à l’étranger…Nous allons travailler au renforcement de la cohésion entre les membres de la commission électorale indépendante, de la confiance entre la CEI et les partis politiques, de même qu’entre la CEI et la population pour des élections crédibles et transparentes ».
Les élections présidentielles ivoiriennes se tiendront en octobre 2015.