AA/ Ouagadougou(Burkina Faso)/ Boukary Ouédraogo
La situation a dégénéré, dimanche en début d’après –midi, devant la télévision nationale où le régiment de sécurité présidentiel ont tiré des coups de sommation pour disperser les manifestants. Un important dispositif militaire a été également mis en place bloquant toutes les rues menant à la place de la Nation.
Au moins 2000 personnes, contestant la désignation d’un militaire à la tête de la transition dans le pays, ont manifesté devant les locaux de la télévision nationale avant d’être dispersés par le régiment de la sécurité présidentiel qui a tiré en l’air. Ils ont rebroussé chemin vers la place de la Nation, haut- lieu de la contestation populaire, où ils se sont regroupés depuis le matin, mais en ont été empêchés par un important dispositif militaire.
La rue a remis la pression, dimanche matin, un jour après la désignation par l'armée du lieutenant-colonel Isaac Zida comme chef d'un régime de transition, suite à un appel lancé par l'opposition burkinabè et la société civile, désireuses de voir un civil diriger la transition.
Des slogans contestant une "confiscation du pouvoir par l'armée" ont émaillé le rassemblement tenu à la place rebaptisée par les manifestants, Place de la Révolution.
Selon Jean-Hubert Bazié, président d'un parti d'opposition sankariste, des rencontres ont déjà eu lieu entre les leaders de l'opposition et des représentants d'instances internationales.
«L’Armée nationale a alors demandé à rencontrer l'opposition politique. On attend cette rencontre» a-t-il poursuivi, dans une déclaration publique lors de la manifestation.
Les chefs de l'armée burkinabè avaient tranché, samedi, les prétentions concurrentes sur le poste de chef de la transition, du Chef d'Etat Major, le général Nabéré Honoré Traoré et du lieutenant-colonel, Yacouba Isaac Zida, en faveur de celui-ci.
Au pouvoir depuis 1987, l'ancien chef d'Etat Blaise compaoré a quitéé le pays, vendredi sous la pression de la rue qui contestait une procédure de révision de l'article 37 de la Constitution devant lui ouvrir la voie à un nouveau mandat présidentiel.