Mohamed Hedi Abidellaoui
03 Mars 2017•Mise à jour: 04 Mars 2017
AA/ Paris/ Souhir Bousbih
Alain Juppé serait « prêt » à être le recours de la droite si François Fillon, le candidat à la présidentielle du parti Les Républicains (LR) du 23 avril prochain, se retirait.
C’est ce qu’affirme le journal « Le Parisien » ce vendredi, citant des sources proches de l’ancien ministre des Affaires étrangères.
Alain Juppé, qui avait pourtant « clairement et définitivement » balayé le 6 février l’hypothèse d’être un plan B, aurait changé d’avis, après la conférence de presse de François Fillon.
* Les juppéistes font monter la pression
Le candidat défait de la primaire de la droite et du centre aurait en effet eu un « haut le cœur », après les propos de François Fillon, tenus mercredi contre l’institution judiciaire et sa décision de se maintenir malgré sa mise en examen.
« Je ne me défilerai. Cette situation ressemble à un suicide collectif », a-t-il déclaré, toujours selon le quotidien, qui cite des sources proches.
En coulisse, on s’organise pour soutenir Alain Juppé. Nombre de ses proches ont abandonné François Fillon jeudi et s’activent déjà pour que leur candidat récolte les 500 parrainages nécessaires à sa candidature avant le 17 mars, date limite de dépôt.
Un appel a également été lancé pour soutenir cette initiative par une vingtaine de maires LR et UDI (Union des démocrates et indépendants-centre droit), dans une tribune publiée dans le journal "l’Opinion". Le député de Seine-et-Marne, Franck Riester, a déjà répondu à l’appel, en publiant sur Twitter la photo de son parrainage au maire de Bordeaux.
* François Fillon peut-il tenir ?
Même si Alain Juppé bénéficie d’un soutien croissant, ses proches l’ont affirmé à l’AFP : il ne se présentera que si « François Fillon se retire de lui-même et que sa famille, de la droite et du centre, Les Républicains, soit unanimement rassemblée derrière lui ». Or, ces deux conditions sont loin d’être réunies. Malgré les démissions en cascade dans sa famille politique, François Fillon l’a répété encore jeudi soir à Nîmes (Sud-est), lors de son meeting : il ne « cédera pas ».
Reste que si le rassemblement de soutien à François Fillon, prévu dimanche au Trocadéro, ne rassemblait pas foule, les choses pourraient vite évoluer.
D’après un sondage Odoxa réalisé pour France 2 ce vendredi, François Fillon est crédité de 19% des intentions de vote au premier tour, derrière Marine Le Pen (25,5%) et Emmanuel Macron, qui pour la première fois est premier avec 27%. Mais si Alain Juppé le remplaçait, il serait en tête avec 26,5%, devant Emmanuel Macron (25%) et Marine Le Pen (24%)…
François Fillon ne cesse d’essuyer des revers, après l’affaire dévoilée par l’hebdomadaire français « Le canard enchaîné » sur les emplois fictifs, dont auraient bénéficié son épouse et ses deux enfants, lorsqu’il était sénateur de la Sarthe (Nord) de 2005 à 2007.