Tarek Mohammed
13 Septembre 2017•Mise à jour: 13 Septembre 2017
AA / New York / Mohamed Tarek
Le Conseil de sécurité de l’ONU a appelé les autorités du Myanmar à prendre des « pas immédiats » pour mettre fin à la violence dans l’Etat d’Arakan (Ouest).
L’ambassadeur éthiopien à l’ONU, Tekeda Alemu, a déclaré aux journalistes, à l’issue d’une séance de consultations urgente sur le Myanmar, que les Etats membres du Conseil de sécurité ont « réclamé de procéder à une désescalade et à rétablir le règne de la loi ainsi qu’à garantir la protection des civils et à résoudre les problèmes des réfugiés (Rohingyas) ».
Alemu, dont le pays assure la présidence tournante du Conseil pour le mois de septembre, a indiqué que les « membres du Conseil ont fait part de leur inquiétude profonde face à l’usage de la force disproportionnée au cours de l’opération sécuritaire à l’Arakan ».
Et Alemu de poursuivre : « Les représentants des pays membres sont convenus de l’importance d’identifier des solutions à long terme à la situation à l’Arakan et ont réclamé la nécessité de mettre en œuvre les recommandations de la commission consultative spéciale sur l’Etat d’Arakan et qui a été présidée par l’ancien Secrétaire général de l’ONU Kofi Annan ».
Dans le même ordre d’idées, le diplomate éthiopien a dit que les membres du Conseil « ont salué les efforts déployés par le gouvernement du Bangladesh pour offrir l’aide aux réfugiés ainsi que pour l’appui apporté de la part des Nations Unies et la Communauté internationale pour venir en aide au Bangladesh dans ce cadre ».
Avant la tenue de cette séance, le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres a qualifié les opérations militaires contre les Rohingyas à Arakan « d’épuration ethnique ».
Guterres a appelé, dans une conférence de presse, le gouvernement du Myanmar à suspendre ses opérations militaires en cours à l’Arakan.
Depuis le 25 août, l'armée du Myanmar procède à un génocide contre les musulmans Rohingyas à Arakan, dans le sud-ouest du pays, provoquant une vague de condamnation à travers le monde, en particulier parmi les musulmans.
Il n'y a pas de statistiques claires sur les victimes du génocide. Mais lors d'une interview accordée à Anadolu, le militant Rohingya Omran al-Arakani a évoqué un bilan de 7 mille 500 morts et 6 mille 541 blessés depuis le début du génocide jusqu’au 6 septembre.
Mardi dernier, Dunia Aslam Khan, la porte-parole du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), a déclaré que le nombre de réfugiés Rohingyas ayant fui la province d'Arakan, dans l'ouest du Myanmar, vers le Bangladesh voisin avait dépassé les 370 mille.