Mona Saanouni
21 Octobre 2020•Mise à jour: 21 Octobre 2020
AA / New York / Mohamed Tarek
Le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a affirmé, mercredi, que la responsabilité finale dans l’épreuve subie par les réfugiés Rohingya doit être assumée par les autorités du Myanmar, soulignant que « la reddition des comptes est une chose inéluctable pour réaliser une réconciliation à long terme ».
Guterres intervenait au cours d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN) et des Nations Unies, avec la participation du président de l'Assemblée générale de l'ONU, le diplomate turc Volkan Bozkir et nombre de représentants des Etats membres de l'organisation régionale.
L’organisation compte dans ses rangs la Malaisie, les Philippines, Singapour, la Thaïlande, le sultanat de Brunei, le Vietnam, Laos, le Cambodge et Myanmar.
Dans son intervention par vidéoconférence, Guterres a lancé : « En ce moment, de défis mondiaux et d'incertitude en raison des changements climatiques qui prennent de l'ampleur, des tensions géostratégiques recrudescence et des lourds dégâts générés par la pandémie de la COVID-19, les partenaires régionaux demeurent des alliés incontournables ».
Et Guterres de poursuivre : « concernant Myanmar, le déplacement des Rohingya de l'Etat de Rakhine (ouest) et d'autres régions du pays se poursuit et j'ai demandé aux autorités du Myanmar d'accélérer le traitement des causes profondes de cette crise et de réunir les conditions nécessaires pour un retour volontaire des réfugiés en toute sécurité et dignité ».
Il a ajouté qu'en « plus des solutions immédiates apportées à la souffrance humaine, la reddition des comptes est une chose inéluctable pour arvenir à une réconciliation à long terme, et les Nations Unies sont disposées à renforcer la coopération avec l'ASEAN et à consolider ses efforts au Myanmar ».
Guterres a conclu son intervention en disant : « Malgré cela, la responsabilité définitive doit être assumée par les autorités du Myanmar, d’autant plus que l'épreuve des réfugiés Rohingya, qui risquent leurs vies en se déplaçant par voie maritime, est une autre grande source d'inquiétude ».
L'armée du Myanmar et des milices bouddhistes extrémistes avaient lancé le 25 août 2017 une nouvelle vague, qui se poursuit encore, de crimes contre la minorité des Rohingya, considérée par les Etats-Unis et les Nations Unies, de « nettoyage ethnique ».
Cette nouvelle vague a fait des milliers de morts parmi les Rohingya, selon des sources locales et internationales concordantes.
Pour fuir la répression, près de 900 mille membres de la minorité Rohingya, ont été contraints de se déplacer vers le Bangladesh voisin, selon l’ONU.
Les autorités les considèrent comme des immigrants clandestins en provenance du Bangladesh, tandis que les Nations Unies les classent comme étant la « minorité religieuse la plus persécutée dans le monde ».
*Traduit de l'arabe par Hatem Kattou