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Polémique à Carpentras: le RN cède et retire l’investiture de sa tête après des tweets racistes et sexistes

- Christian Richaud Simoni avait proféré des insultes ciblées contre des personnalités publiques et à tenir des propos incitant à la haine

Ben Amed Azize Zougmore  | 05.02.2026 - Mıse À Jour : 05.02.2026
Polémique à Carpentras: le RN cède et retire l’investiture de sa tête après des tweets racistes et sexistes

Istanbul

AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore

Le Rassemblement national (RN) a annoncé mercredi 4 février le retrait immédiat de l’investiture de Christian Richaud Simoni, tête de liste du parti à Carpentras (Vaucluse), après la publication par le quotidien français Libération d’anciens tweets à caractère raciste et injurieux.

Dans un communiqué diffusé sur le réseau social X, le délégué départemental du RN, Thierry d’Aigremont, affirme que le parti a découvert « par voie de presse, avec stupéfaction », des publications datant de 2017 mises en ligne par le candidat. Le RN indique « désapprouver et condamner sans réserve » ces propos, jugés « en totale contradiction avec les valeurs et le projet portés » par la formation politique.

En conséquence, la commission nationale d’investiture a décidé de retirer l’investiture de Christian Richaud Simoni et de le suspendre du parti, dans l’attente de sa convocation devant les instances disciplinaires.

Les messages incriminés visaient notamment des personnalités noires. Parmi ses publications les plus choquantes, Christian Richaud Simoni qualifie Danièle Obono, députée LFI de la 17ᵉ circonscription de Paris, de « bonobo », ajoutant : « honte à elle et à tous ceux qui l’ont élue », dans un message daté du 1ᵉʳ octobre 2017.

L’acteur Omar Sy, l’une des personnalités publiques les plus appréciées en France, est quant à lui visé par un tweet du 16 octobre 2017 l’invitant à « s’occuper des chèvres ». « Quand on a la bouche plus grande que la tête, on raconte forcément du vent », ajoutait Christian Richaud Simoni.

Dans un autre message, le candidat RN évoque une « guerre contre l’islam », estimant qu’elle ne pourrait être remportée « avec nos lois et nos insoumis de gauche ». Christian Richaud Simoni s’en prend également aux territoires d’outre-mer, qualifiant Mayotte et la Guyane de « furoncles […] soignés par nos politiques bien-pensants » dans un tweet daté du 29 juillet 2020.

D’autres publications relèvent de la misogynie et de la violence symbolique, notamment à l’encontre de Martine Aubry, maire socialiste de Lille, après une agression contre une femme dans la ville.

Le Rassemblement national a, de son côté, précisé qu’une nouvelle tête de liste serait désignée « très prochainement » à Carpentras.

Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large : lors des élections législatives de 2024, de nombreux candidats du RN avaient déjà été mis en cause pour des propos racistes ou injurieux diffusés sur les réseaux sociaux. Face à la multiplication de ces cas, le président du parti, Jordan Bardella, avait reconnu la présence de « brebis galeuses » parmi les candidats investis.

Réagissant à l’affaire, la cheffe des députés de La France insoumise, Mathilde Panot, a écrit mercredi sur X : « Ce ne sont pas quelques brebis galeuses, c’est tout le troupeau. »

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