Ahmet Kartal
26 Février 2022•Mise à jour: 26 Février 2022
AA/Washington
Un haut responsable du Pentagone a déclaré, samedi, que la Russie avait tiré 250 missiles sur des cibles en Ukraine, la plupart sont des missiles balistiques à courte portée.
Le responsable militaire, qui s'exprimait sous couvert d'anonymat, a indiqué, lors d'une conférence de presse virtuelle, que son pays suit de près l'attaque russe contre l'Ukraine.
"Depuis ce matin, nous avons vu la Russie lancer 250 missiles sur l'Ukraine, principalement des missiles balistiques à courte portée", a-t-il ajouté.
Et le responsable américain d'expliquer que les deux parties avaient perdu des soldats lors des affrontements, soulignant que des civils ont été tués et des biens avaient été endommagés, à la suite des frappes aériennes russes.
En allusion à la déclaration du secrétaire d'Etat américain, Antony Blinken, selon laquelle le département de la Défense des États-Unis compte fournir une aide militaire à l'Ukraine, d'un montant de 350 millions de dollars, sur fond de l'intervention russe en Ukraine, le responsable militaire a précisé que "cette aide comporte des missiles antichars, des armes légères et des munitions".
Il a également noté que les Russes sont de plus en plus frustrés par la résistance ukrainienne, expliquant que 50 % des forces russes massées à la frontière ukrainienne, ont été engagées dans le pays.
L'intervention militaire de la Russie en Ukraine a suscité l'indignation internationale, tandis que l'Union européenne a imposé des sanctions à de hauts responsables russes dont le ministre de la Défense Sergueï Choïgou.
*La crise du Donbass et l’intervention militaire de la Russie
En 2014, suite aux manifestations populaires qui ont secoué l’Ukraine, le Chef de l’État Viktor Ianoukovitch a fui le pays, laissant ainsi la place à un gouvernement pro-occidental. La crise qui s’en est suivie a vu la Russie envahir la Crimée et annexer illégalement ce territoire ukrainien, puis appuyer les revendications indépendantistes des régions ukrainiennes de Donetsk et Louhansk, majoritairement russophones.
Des affrontements meurtriers déclenchés dans la foulée de la proclamation unilatérale de l’indépendance des deux régions ukrainiennes, avaient alors opposé les forces séparatistes soutenues par la Russie et l’armée de Kiev.
La diplomatie ayant repris l’initiative en 2014 et 2015, les appuis de Kiev en Occident ont négocié avec Moscou un accord de cessez-le-feu, connu comme les Accords de Minsk, qui bien qu’ayant servi à désamorcer la crise, ont été marqués par de nombreuses violations de cette trêve, coutant la vie à quelque 14 mille ukrainiens des deux bords.
Lorsque la Russie a commencé à déployer des dizaines de milliers de soldats le long des régions frontalières avec l’Ukraine vers la fin de l’année 2021, les États-Unis et leurs alliés occidentaux ont affirmé que Moscou se préparait à envahir l’Ukraine, menaçant Vladimir Poutine de lourdes sanctions s’il venait à porter atteinte à la souveraineté de l’Ukraine et à son intégrité territoriale.
Moscou, qui n’a eu de cesse de démentir toute velléité d’invasion de l’ancienne république soviétique, a pourtant décidé de reconnaitre l’indépendance de Donetsk et de Louhansk, puis, le 24 février, de lancer une intervention militaire sur le territoire ukrainien pour, selon les termes de Vladimir Poutine, défendre les populations menacées de « génocide par Kiev » et « libérer l’Ukraine du nazisme et du militarisme, appelant par là même l’armée ukrainienne à déposer les armes.
*Traduit de l'arabe par Hend Abdessamad