Lassaad Ben Ahmed
18 Novembre 2021•Mise à jour: 19 Novembre 2021
AA / Nice / Feïza Ben Mohamed
Le projet de loi « portant reconnaissance de la Nation envers les harkis et les autres personnes rapatriées d’Algérie » a été adopté jeudi par l’Assemblée nationale française.
46 députés se sont prononcés pour, et 1 seul a voté contre.
L’Assemblée nationale a, donc, donné un premier feu vert au texte de loi visant à demander « pardon » aux harkis et de réparer les préjudices subis en lien avec la guerre d’Algérie.
Le projet de loi reconnaît notamment les « services rendus en Algérie par les anciens membres des formations supplétives qui ont servi la France et qu'elle a délaissés lors du processus d'indépendance de ce pays », de même que « les conditions indignes de l'accueil ».
Cette reconnaissance légale doit permettre d’ouvrir la voie à des indemnisations.
Cette loi, doit venir graver dans le marbre, les promesses faites par le président français Emmanuel Macron en septembre dernier.
Le chef de l’Etat avait annoncé à cette date, que l’exécutif « portera avant la fin de l'année un projet visant à inscrire dans le marbre des lois, la reconnaissance et la réparation à l'égard des harkis ».
« Aux combattants, je veux dire notre reconnaissance; nous n'oublierons pas. Je demande pardon, nous n'oublierons pas » avait-il lancé, assurant que « l’honneur des harkis doit être gravé dans la mémoire nationale ».
Selon lui, les harkis ont subi « un abandon de la République française » qui s’est rendue coupable « d’un manquement à elle-même, à ce qu’elle veut être, et doit être ».
Il regrette que la France leur ait « lâché la main et tourné le dos » et n’ait pas « été fidèle ni à son histoire ni à ses valeurs ».
À noter que dès 2018, par décret paru au Journal Officiel, le président français Emmanuel Macron avait élevé une vingtaine de harkis dans l’ordre de la légion d’honneur.
Le 25 septembre de la même année, à l’occasion de la journée nationale d’hommages aux harkis, la secrétaire d’Etat Geneviève Darrieussecq avait annoncé un « plan harkis » mobilisant une enveloppe de 40 millions d’euros sur quatre ans et reconnaissant que « la République a manqué à son devoir de protection envers ceux qui lui avaient fait confiance ».
Pour rappel, les harkis, supplétifs de l’armée française, se sont battus pour que l’Algérie demeure française mais se sont ensuite retrouvés abandonnés, dans des camps, livrés à eux-mêmes, sans aucune reconnaissance ni statut après leur arrivée en France.
Ils sont ainsi plus de 60 mille algériens à avoir acquis la nationalité française avant d’être littéralement oubliés par le gouvernement sur fond de racisme.
Dans un ouvrage consacré à l’histoire des harkis, l’écrivain et journaliste Pierre Daum, rapporte une phrase cinglante du Général De Gaulle qui déclarait que « harkis ou pas harkis, ce sont des musulmans et la France, qui est un pays chrétien, n’est pas faite pour accueillir des musulmans », laissant présager le pire.