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Pékin : El-Sissi appelle à la fin de la guerre de Gaza

- Dans un discours prononcé lors de l'ouverture de la dixième session du Forum de coopération Sino-arabe et au cours duquel il a a mis en garde contre toute menace à la sécurité hydrique de son pays

İbrahim Khazen  | 30.05.2024 - Mıse À Jour : 31.05.2024
Pékin : El-Sissi appelle à la fin de la guerre de Gaza

Al Qahirah

AA / Le Caire / Ibrahim al-Khazen

Le président égyptien Abdel Fattah El-Sissi a appelé, jeudi, la communauté internationale à faire pression sur Israël pour qu'il mette fin à sa « guerre brutale » contre la Bande de Gaza et a mis en garde contre toute menace à la sécurité hydrique de son pays.

Abdel Fattah El-Sissi intervenait lors de la séance d'ouverture de la 10e session du Forum de coopération sino-arabe à Pékin, inaugurée par le président chinois Xi Jinping, selon un communiqué de la présidence égyptienne.

Le chef de l'État égyptien a déclaré que les relations de son pays avec la Chine « connaissent un développement remarquable », exprimant « une volonté mutuelle de renforcer les relations bilatérales entre les deux pays ».

« Les relations politiques arabo-chinoises reposent sur un certain nombre de fondements bien établis, au premier rang desquels figure l'intérêt mutuel pour la sécurité, la stabilité et les intérêts des peuples, ainsi que le rejet des agressions contre la souveraineté », a-t-il ajouté.


** Guerre de Gaza

El-Sissi a exprimé « la grande appréciation des Arabes pour la politique de la Chine à l'égard de la cause palestinienne, pour le soutien continu de Pékin à un cessez-le-feu immédiat à Gaza (limitrophe de l'Égypte) et son appui au droit légitime des Palestiniens d'établir leur État indépendant ».

Israël mène, depuis le 7 octobre dernier, une guerre meurtrière contre la Bande de Gaza, qui a fait plus de 117 000 victimes (entre morts et blessés) parmi les Palestiniens, dont une majorité de femmes et d'enfants, et environ 10 000 disparus, dans un contexte de destruction massive et de famine qui a coûté la vie à des enfants et à des personnes âgées.

El-Sissi a appelé « tous les acteurs de la communauté internationale à honorer leur responsabilité morale et légale en mettant fin à la guerre brutale d'Israël ».

Il a également appelé à « œuvrer sans délai à l'acheminement immédiat et durable de l'aide humanitaire destinée à la Bande de Gaza, afin de mettre un terme au siège israélien et de contrer toutes les tentatives de déplacement forcé des Palestiniens de leurs terres ».

Israël poursuit sa guerre contre Gaza en dépit des ordonnances de la Cour internationale de justice (CIJ), qui lui enjoint de mettre immédiatement fin à l'offensive au sol contre la ville de Rafah, dans le sud de l'enclave palestinienne assiégée, de prendre des mesures conservatoires pour empêcher un « génocide » et d'améliorer la situation humanitaire désastreuse qui règne dans la Bande de Gaza.

Israël fait également fi de l'intention de la Cour pénale internationale (CPI) de délivrer des mandats d'arrêt internationaux à l'encontre du Premier ministre Benyamin Netanyahu et du ministre de la Défense Yoav Gallant pour leur responsabilité dans les « crimes de guerre » et les « crimes contre l'humanité » commis à Gaza.


**Sécurité hydrique

Dans un autre dossier, le président égyptien a déclaré que « la question de la sécurité hydrique arabe est en tête des priorités de la coopération future dans le cadre du Forum sino-arabe ; cette question posant des risques qui s'apparentent à une menace existentielle ».

Et de poursuivre : « Depuis plus de dix ans, nous demandons au gouvernement éthiopien de s'engager de bonne foi avec l'Égypte et le Soudan pour parvenir à un accord juridiquement contraignant (sur le Grand barrage de la Renaissance, en Ethiopie).

Selon le président égyptien, un tel accord « garantirait aux générations actuelles et futures des trois pays leur droit à la vie et au développement ». Et d’ajouter : « Nous ne permettrons aucune atteinte à la sécurité et à la stabilité de nos pays et de nos peuples ».

Le Caire, Khartoum et Addis-Abeba sont empêtrés depuis plus de dix ans dans des négociations visant à trouver un accord sur la question du Grand barrage de la Renaissance (GERD ou
Grand Ethiopian Renaissance Reservoir).

L'Éthiopie refuse tout accord au motif que le barrage n'affecte pas les besoins en eau du Nil des deux pays, tandis que l'Égypte et le Soudan craignent des répercussions en période de sécheresse.

Le forum sino-arabe, auquel participent les Chefs d'Etat de l'Égypte, des Émirats arabes unis, de Bahreïn et de la Tunisie, se tient ce jeudi, avec pour ordre du jour les moyens de renforcer les liens entre les deux parties.

Le forum a été créé en 2004 à l'initiative de l'ancien président chinois Hu Jintao, lors de sa visite au siège de la Ligue arabe au Caire.

Il réunit la Chine et 22 États membres de la Ligue arabe et vise à promouvoir le dialogue et la coopération et à favoriser la paix et le développement.


*Traduit de l’Arabe par Mourad Belhaj

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