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Chine : sommet de l’OCS 2025 sous haute tension

- L’événement survient alors que se poursuit le génocide à Gaza, que la guerre en Ukraine entre dans sa quatrième année et que les tensions commerciales s’aggravent entre Washington et Pékin

Amir Latif Arain  | 30.08.2025 - Mıse À Jour : 30.08.2025
Chine : sommet de l’OCS 2025 sous haute tension

Karaçi

AA/Karachi/ Aamir Latif


Le sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) ainsi que la réunion « OCS Plus », prévus les 31 août et 1ᵉʳ septembre dans la ville portuaire chinoise de Tianjin, se tiennent dans un contexte de fortes tensions géopolitiques, marquées par la guerre israélienne contre Gaza, la crise en Ukraine et les différends commerciaux.

L’événement intervient alors que se poursuit la deuxième année du génocide à Gaza, que la guerre russe en Ukraine dure depuis plus de mille jours, depuis février 2022, et que s’accentuent les tensions tarifaires entre Washington et Pékin.

En tant que président tournant de l’OCS, le chef d’État chinois Xi Jinping dirige cette rencontre de deux jours, le cinquième sommet annuel de l’organisation accueilli par la Chine depuis sa création en 2001.


- Les dirigeants présents

Parmi les principaux participants figurent le président russe Vladimir Poutine, le président turc Recep Tayyip Erdogan, le Premier ministre indien Narendra Modi, le président iranien Massoud Pezeshkian et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif.

Sont également attendus : le président biélorusse Alexandre Loukachenko, le président kazakh Kassym-Jomart Tokaïev, le président kirghiz Sadyr Japarov, le président tadjik Emomali Rahmon, le président ouzbek Chavkat Mirzioïev, le président mongol Ukhnaagiin Khürelsükh, le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev, le Premier ministre arménien Nikol Pachinian, le Premier ministre cambodgien Hun Manet, le président maldivien Mohamed Muizzu, le Premier ministre népalais Khadga Prasad Sharma Oli, le Premier ministre égyptien Moustafa Madbouly, le président turkmène Serdar Berdimuhamedov, le président indonésien Prabowo Subianto, le président lao Thongloun Sisoulith, le Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim et le Premier ministre vietnamien Pham Minh Chinh.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, ainsi que le secrétaire général de l’OCS, Nurlan Yermekbayev, participent également, aux côtés de dirigeants d’autres organisations internationales.


- L’évolution de l’OCS

L’Organisation de coopération de Shanghai trouve son origine dans le mécanisme dit des « Cinq de Shanghai » la Chine, la Russie, le Kazakhstan, le Kirghizstan et le Tadjikistan avant l’adhésion de l’Ouzbékistan comme sixième membre.

Aujourd’hui, l’organisation compte 10 États membres, 2 observateurs et 14 partenaires de dialogue répartis entre l’Asie, l’Europe et l’Afrique.

Elle couvre environ 24 % de la superficie terrestre mondiale et 42 % de la population du globe. Les États membres représentent près d’un quart du PIB mondial, avec un volume d’échanges commerciaux multiplié par cent en deux décennies. Leur part dans le commerce mondial est passée de 5,4 % en 2001 à 17,5 % en 2020.


- Agenda et attentes

Placée sous le thème « Année du développement durable de l’OCS », la rencontre de Tianjin est la plus importante de l’histoire de l’organisation. Les dirigeants devraient adopter la Déclaration de Tianjin ainsi qu’une stratégie décennale, en plus de documents finaux portant sur la sécurité, le commerce, l’énergie et la coopération culturelle.

Le sommet publiera également des déclarations à l’occasion du 80ᵉ anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale et de la fondation de l’ONU.

En marge des travaux, Xi Jinping doit s’entretenir séparément avec plusieurs dirigeants, dont Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan. À l’issue du sommet, le président chinois accueillera Poutine et Kim Jong-un lors d’un grand défilé militaire, le 3 septembre, marquant le 80ᵉ anniversaire de la fin de la guerre.

Selon des analystes, cette rencontre est perçue comme une démonstration majeure de solidarité du Sud global face à la deuxième présidence de Donald Trump, notamment après l’imposition par son administration de tarifs « réciproques » à l’encontre de la Chine et de l’Inde.

Pour l’Iran, le sommet constitue une tribune afin de mobiliser des soutiens contre le rétablissement de sanctions dites « automatiques » visant son programme nucléaire, décidées par le Royaume-Uni, l’Allemagne et la France. La Chine et la Russie ont déjà exprimé leur opposition à cette mesure.

Cette réunion marque également le premier déplacement de Narendra Modi en Chine depuis plus de sept ans, dans un climat toujours tendu après les affrontements frontaliers de 2020 au Cachemire administré par l’Inde. Elle pourrait aussi être l’occasion d’une première rencontre avec le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, après les combats armés qui ont opposé en mai dernier les deux puissances nucléaires voisines pendant quatre jours.

Le commerce de la Chine avec les États membres de l’OCS, les observateurs et les partenaires de dialogue, a atteint un niveau record de 890 milliards de dollars en 2024, soit 14,4 % de son commerce extérieur total.

Pékin a promis de mettre en place 1000 formations en technologies numériques au cours des trois prochaines années et a invité ses partenaires à rejoindre son système de navigation BeiDou ainsi que le projet de Station internationale de recherche lunaire.

Le précédent sommet des dirigeants de l’OCS s’était tenu en juillet 2024 à Astana, au Kazakhstan, où 25 documents stratégiques avaient été adoptés dans les domaines de l’énergie, de la sécurité, de la finance et de la cybersécurité.



*Traduit de l'anglais par Sanaa Amir

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