Ashoor Jokdar
04 Février 2017•Mise à jour: 05 Février 2017
AA/ Genève
Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme a dénoncé, vendredi, des violations “sans précédent”, dans l'ouest du Myanmar, faisant état de « possibles crimes contre l'humanité » contre les Rohingyas musulmans,dans l'Etat de Rakhine.
Le Haut Commissaire aux droits de l'homme Zeid Ra'ad al-Hussein, a fait état, dans un rapport diffusé vendredi, de « l'assassinat 'enfants âgés parfois de huit mois ».
Tels sont les résultats « d'enquêtes menées par l'ONU auprès de plus de 200 personnes qui ont fui l'Etat de Rakhine pour se rendre au Bangladesh », a noté le rapport, citant des « témoignages qui décrivent des assassinats, des disparitions forcées, des cas de torture, viols et autres formes de violences sexuelles ».
« Ces effroyables récits décrivent des femmes et des jeunes filles violées, des hommes brûlés ou encore des bébés et des enfants massacrés à coups de couteau », note le rapport.
Le Haut-Commissariat cite « le cas d’une fillette tuée alors qu'elle tentait de protéger sa mère d'un viol », relevant, dans une autre situation, qu’un « bébé de huit mois est décédé pendant que cinq officiers abusaient de sa mère ».
L’ONU affirme, dans un communiqué diffusé vendredi, que « tout laisse à croire que dans certains cas, «l'armée a délibérément mis le feu à des maisons avec des familles à l'intérieur ».
Le rapport souligne également que des centaines de maisons, d'écoles, de marchés, de mosquées ou de magasins ont été brûlés par l'armée, la police et même des groupes de civils.
Par ailleurs, le document note que cette « politique de la terreur » mise en œuvre par l'armée du Myanmar depuis début octobre est loin d'être un « événement isolé ».
Face à la gravité de ces abus, le Haut-Commissaire, appelle la communauté internationale « à inciter le gouvernement du Myanmar à mettre fin à ces activités militaires ».
« Le gouvernement du Myanmar doit immédiatement mettre un terme à ces graves violations des droits de l'Homme contre son peuple, au lieu de continuer à nier qu'elles se sont produites, et accepter la responsabilité de garantir que les victimes aient accès à la justice, à des réparations et puissent être en sécurité », a conclu le Haut Commissaire aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein.