AA/Rangoun (Myanmar)/ Joshua Carroll
Un convoi transportant des femmes détenues de prison au Myanmar a été attaqué durant des affrontements entre rebelles et troupes du gouvernement dans la région orientale du Kokang, proche de la frontière avec la Chine, a rapporté mardi un média d’Etat.
Au moins quarante-quatre détenues et un soldat ont été blessés, dans l’Etat de Shan, d’après le journal Global New Light of Myanmar, lors de cette dernière attaque contre des civils après deux semaines de violents combats continus entre rebelles et armée.
Le média d’Etat a attribué l’attaque aux insurgés du Kokang, ajoutant qu’ils ont battu en retraite lorsque des soldats et des avions militaires ont riposté.
Les rebelles n’ont toujours pas commenté l’information.
La semaine dernière, deux convois de la Croix-Rouge ont été attaqués alors qu’ils transportaient des dizaines de civils depuis la capitale du Kokang, Laukkai. Au moins sept personnes avaient été blessées.
Le gouvernement et l'Armée de l'Alliance démocratique nationale du Myanmar (MNDAA -Armée Kokang), se sont mutuellement accusés d’avoir provoqué cet incident.
Le président du Myanmar, Thein Sein, a placé le Kokang, une région autonome proche de la Chine, sous état d’urgence, proclamant l’application de la loi martiale dans la zone.
Plus de cent-trente combattants des deux camps ont été tués depuis le déclenchement des affrontements, le 9 février.
Plus de 30 000 civils de la zone ont été forcés à fuir vers la proche province chinoise de Yunnan, d’après l’agence de presse chinoise Xinhua, tandis que des dizaines de milliers d’autres auraient fui vers d’autres régions du Myanmar.
La capitale du Kokang, Laukkai, a été désertée, d'après des médias locaux qui ont ajouté que des maisons et des commerces ont été vandalisés et incendiés.
Des hommes armés de milices rebelles alliées se battent également aux côtés des rebelles du Kokang, d’après des médias locaux.
Le gouvernement réformiste du Myanmar a pris le pouvoir en 2011, après le renversement de la junte militaire, en promettant une transition démocratique et un accord de paix avec les dix-sept groupes ethniques rebelles qui se battent depuis des années pour plus d’autonomie.
Thein Sein s’était auparavant engagé à conclure, avant la tenue des élections générales prévues pour la fin de l’année, un accord national de cessez-le-feu avec les rebelles.
Cependant, des poussées de violences répétées et des négociations ayant traîné en longueur ont sapé les espoirs d’une véritable paix.