Khalaf Rasha
03 Mai 2016•Mise à jour: 05 Mai 2016
AA/ Yangoon
Les autorités du Myanmar ont évacué des centaines de familles musulmanes de leurs abris préfabriqués, en raison d'un incendie majeur, qui a éclaté dans un camp de déplacés dans la province de Rakhine (Arakan), dans l'ouest du pays, selon une source sécuritaire.
Un officier de police qui a requis l’anonymat, a déclaré dans un entretien téléphonique avec Anadolu, que "le feu a détruit 56 abris en bois dans le camp de Baw Du Fa, près de Sittwe, le chef-lieu de la province de Rakhine.
«Le camp en question, abrite environ 10 000 personnes, dont la plupart sont des musulmans qui avaient fui les affrontements avec les bouddhistes en 2012», a-t-il précisé.
L’officier a affirmé que «les pompiers sont parvenus à maîtriser l'incendie, dont l’origine n’a pas été encore déterminée», soulignant que «plusieurs personnes [nombre non précisé] ont été blessées dans l’incident, et transférées à l’hôpital».
Jusqu’à 10:00 GMT, aucun mort n’a été déploré, selon la source.
L'officier de police a relevé que les résidents du camp sont des déplacés de l’ethnie "bengalie", [le nom donné par le gouvernement aux musulmans Rohingyas].
«Cette ethnie n’est pas originaire du Myanmar, il s’agit d’intrus venus du Bangladesh voisin», a souligné le policier.
Les musulmans Rohingyas ont perdu leur citoyenneté et sont devenus apatrides, en application d’une loi adoptée en 1982 au Myanmar.
L’Organisation des Nations Unies (ONU) considère la minorité musulmane Rohingya, dont la plupart réside dans l’ouest du Myanmar, comme le peuple le plus persécuté au monde. Ils se voient refuser les droits à la citoyenneté et doivent faire face à de fréquentes violences et discriminations ethniques, forçant plusieurs d’entre eux à fuir vers les pays voisins.
Au milieu de l’année 2012, des émeutiers bouddhistes ont pris d’assaut le village où vivaient des Rohingya près de la capitale provinciale de l’Etat de Rakhine, Sittwe, brûlant tout sur leur passage et lynchant de nombreux habitants Rohingyas.
La violence s’est alors propagée à travers l’Etat pour finalement atteindre la région centrale du Myanmar causant le déplacement d’environ 140. 000 personnes, pour la majorité des Rohingyas, maintenant relégués dans des camps infestés de maladies, sous un système apparenté à l'Apartheid.