Monde

Liban : Visée par des tirs près de la Ligne bleue, la FINUL s'alarme d'une « tendance inquiétante »

- La force onusienne déplore une « tendance inquiétante » et précise avoir informé l'armée israélienne de ses mouvements à l'avance

Mariem Njeh  | 02.01.2026 - Mıse À Jour : 02.01.2026
Liban : Visée par des tirs près de la Ligne bleue, la FINUL s'alarme d'une « tendance inquiétante »

Istanbul

AA / Istanbul / Mariem Njeh

La Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) a annoncé, vendredi, que deux de ses patrouilles avaient essuyé des tirs d'armes légères et de mitrailleuses près de Kafer Shouba, dans le sud du pays, estimant que les tirs provenaient de positions de l'armée israélienne.

Dans un communiqué publié vendredi, la FINUL a rapporté que des casques bleus en patrouille ont d'abord signalé « quinze tirs d'armes légères » ayant frappé à moins de cinquante mètres de leur position.

« Moins de vingt minutes plus tard, des casques bleus d'une seconde patrouille dans la même zone ont signalé environ 100 tirs de mitrailleuse, qui ont frappé à environ cinquante mètres d'eux », précise le texte.

Si aucun blessé ni dégât matériel n'est à déplorer, la force onusienne a indiqué que ses soldats ont évalué, dans les deux cas, que « les tirs provenaient d'une position des Forces de défense israéliennes (FDI) située au sud de la Ligne bleue ».

La FINUL a immédiatement transmis une demande de « cessez-le-feu » via ses canaux de liaison.

La mission onusienne a tenu à souligner qu'elle avait « informé les FDI des activités dans ces zones à l'avance », conformément aux procédures habituelles pour les patrouilles dans les secteurs sensibles.

Qualifiant ces incidents de « violations graves de la résolution 1701 du Conseil de sécurité », la FINUL s'est alarmée d'une « tendance inquiétante » face à des événements qui se produisent « trop régulièrement ».

« Nous réitérons notre appel aux FDI pour qu'elles cessent leur comportement agressif et les attaques contre ou à proximité des casques bleus », a conclu le communiqué.

Poursuite des raids aériens

Ces tirs contre les casques bleus interviennent alors que des avions de combat israéliens ont mené, vendredi, des frappes sur plusieurs zones du sud du Liban, fragilisant davantage l'accord de cessez-le-feu conclu le 27 novembre 2024.

Selon l’agence officielle libanaise NNA, les attaques ont ciblé la zone située entre les localités d’Ansar et de Zarariye, ainsi que les régions d’Ukmata Obasi et de Reyhan. Des images diffusées sur les réseaux sociaux ont montré d'épaisses colonnes de fumée s’élevant des zones frappées.

L’armée israélienne a confirmé ces opérations, affirmant avoir visé des dépôts d’armes et des infrastructures militaires du Hezbollah, dont un camp d’entraînement de la « Force Redwan ».

Un cessez-le-feu violé à répétition

Malgré l’accord de trêve signé en novembre 2024, Israël est accusé d'avoir violé l’accord à plusieurs reprises. L'armée israélienne maintient notamment l’occupation de cinq collines conquises après octobre 2023 et conserve sa présence dans certaines zones stratégiques.

Le bilan humain continue de s'alourdir. Le ministère libanais de la Santé a indiqué que, dans la seule période comprise entre le 27 novembre 2024 (date du cessez-le-feu) et le 20 novembre 2025, les attaques israéliennes avaient fait 331 morts et 945 blessés.

Depuis le début de l'offensive israélienne en octobre 2023, qui s’est élargie en septembre 2024, le bilan officiel global fait état de plus de 4 000 morts et environ 17 000 blessés au Liban.



Seulement une partie des dépêches, que l'Agence Anadolu diffuse à ses abonnés via le Système de Diffusion interne (HAS), est diffusée sur le site de l'AA, de manière résumée. Contactez-nous s'il vous plaît pour vous abonner.