Asile : la France reste l’une des principales destinations en Europe
- Près de 150.000 demandes d’asile ont été enregistrées en France en 2025, un niveau comparable à celui de 2024, dans un contexte de baisse des flux au niveau européen, selon des données nationales et européennes
Istanbul
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
La France demeure en 2025 l’un des pays européens les plus sollicités par les demandeurs d’asile, avec environ 150.000 demandes enregistrées sur l’année, un chiffre proche du record atteint en 2024, selon des données provisoires arrêtées à la mi-décembre.
Ce volume place la France à un niveau comparable à celui de l’Allemagne, longtemps première destination des demandeurs d’asile en Europe. À l’échelle de l’Union européenne, environ 800.000 demandes auraient été enregistrées en 2025, en baisse d’environ 20 % sur un an, d’après Eurostat.
Cette diminution s’explique principalement par la forte baisse des demandes syriennes, en recul de plus de 70 % sur un an, ainsi que par un repli significatif des demandes turques. À l’inverse, les demandes d’asile afghanes ont progressé de plus de 30 % en Europe, tandis que les ressortissants vénézuéliens ont été plus nombreux à se tourner vers l’Espagne.
En France, l’évolution la plus marquante concerne l’origine des demandeurs. Les ressortissants de la République démocratique du Congo arrivent en tête, avec près de 12.000 demandes déposées en 2025, devant les Afghans et les Ukrainiens. L’Afrique francophone demeure le principal bassin d’origine, avec plus de 30.000 demandes enregistrées sur l’année.
Selon des estimations internes à la juridiction de l’asile, entre un tiers et les trois quarts des ressortissants africains pourraient voir leur demande rejetée. Globalement, la proportion de déboutés du droit d’asile oscille, selon les années, entre 60 % et 70 %.
La question du devenir de ces personnes reste centrale. Depuis plusieurs années, le taux d’exécution des Obligations de quitter le territoire français demeure inférieur à 10 %. En 2024, moins de 7 % des quelque 140.000 mesures prononcées avaient été effectivement mises à exécution, selon les autorités.
Les difficultés sont notamment liées au refus de plusieurs pays d’origine de délivrer les laissez-passer consulaires nécessaires aux retours, en particulier l’Algérie et le Mali, selon le ministère de l’Intérieur.
Dans ce contexte, l’année 2025 est marquée par une baisse des régularisations et des naturalisations. Les acquisitions de la nationalité française par décret devraient s’établir à environ 53.500, contre plus de 66.000 en 2024, sous l’effet de directives administratives visant à durcir les conditions d’accès.
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, et la Direction générale des étrangers en France doivent présenter en début d’année les chiffres définitifs de l’immigration pour 2025.
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