Meher Hajbi
17 Décembre 2019•Mise à jour: 17 Décembre 2019
AA - Beyrouth - Raya Shartouni
Retour au calme au centre de la capitale libanaise, Beyrouth, mardi matin, après une nuit mouvementée, au cours de laquelle 66 individus ont été blessés, a annoncé la défense civile.
La diffusion d'une vidéo d'un jeune homme insultant des dirigeants politiques chiites et des sanctuaires religieux sur les réseaux sociaux est à l’origine des actes de violence, a rapporté la correspondante de l'Agence Anadolu.
Des dizaines de jeunes partisans du "Mouvement Amal" et du "Hezbollah" se sont dirigés en moto vers la place des Martyrs et la place Riyad Al-Solh, dans le centre de Beyrouth. Ils ont scandé des slogans sectaires et se sont heurtés avec les forces de l’ordre chargées de protéger les manifestants, et les tentes du sit-in.
Les affrontements ont duré quelques heures, durant lesquelles les partisans du "Mouvement Amal" et du "Hezbollah" ont brûlé et détruit certaines tentes du sit-in de la place des Martyrs, ont incendié une voiture, et ont jeté des pierres, au milieu d'une forte présence des forces de l’ordre qui ont riposté avec du gaz lacrymogènes pour les disperser.
Pour empêcher la dissension tribale, des religieux libanais ont dénoncé les actes de violence et certains d'entre eux sont descendus dans la rue pour recadrer les éléments perturbateurs et ce en tentant de les convaincre que le jeune homme auteur de la vidéo de la discorde ne représente que sa personne et que son objectif était de provoquer une sédition sectaire.
Dans ce contexte, l'imam de la mosquée Khandak El Ghamik a appelé, via les haut-parleurs, les jeunes hommes en colère à se calmer et à rentrer chez eux.
En effet, selon les publications de plusieurs activistes, la vidéo de la discorde est ancienne, sa publication vise à créer des tensions et son auteur vit actuellement en dehors du Liban.
Par ailleurs, tous les militants se sont désolidarisés de l’auteur de la vidéo qui est à l’origine des heurts entre les partisans du "Mouvement Amal" et du "Hezbollah" et les forces de l’ordre en optant pour le slogan “il ne représente personne”.
Toujours selon la correspondante d’Anadolu, l'intensité des affrontements a diminué aux premières heures de l'aube. Les jeunes révoltés ont quitté progressivement les lieux, au milieu de la propagation des forces de sécurité à tous les carrefours menant à la place des Martyrs et celle de Riyad El-Solh.
Dans un communiqué rendu public, la Direction générale de la défense civile a annoncé le retour au calme au centre de Beyrouth après une nuit mouvementée faisant 66 blessés, dont 43 ont été secourus sur le terrain et 23 ont été transportés vers les hôpitaux de la région pour recevoir les soins nécessaires.
Désormais, il s'agit de la troisième nuit d'affilée marquée par des actes de violence avec les tentatives des partisans du "Mouvement Amal" et du "Hezbollah" d'attaquer les manifestants du centre de Beyrouth.
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