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12 Août 2021•Mise à jour: 12 Août 2021
AA / Beyrouth
Le secrétaire général du Parlement libanais, Adnan Daher, a annoncé, ce jeudi, le report d'une séance parlementaire concernant l'explosion du port de Beyrouth jusqu'à une date qui sera déterminée ultérieurement, faute de quorum.
Daher a fait savoir, dans une déclaration directe de la Chambre des représentants, que seuls 39 des 117 députés étaient présents.
Le Parlement se compose de 128 députés, mais 8 députés ont démissionné et 3 autres sont décédés, portant ainsi la composition du Parlement à 117 membres.
Le président du Parlement, Nabih Berri avait appelé les députés à une session ce jeudi, "pour examiner l'acte d'accusation (présenté par les députés), concernant l’explosion du port", basé sur des articles de la Constitution qui permettent au parlement d'ouvrir une enquête devant un tribunal spécial pour les présidents et ministres.
Mais les blocs "Liban fort" (24 députés), "République forte" (14) et "Rassemblement démocratique" (7 députés) ont annoncé mercredi leur boycott de la session, estimant qu'elle visait à "contourner les travaux de la justice pénale" dans l'affaire.
L'Association des familles des victimes de l'explosion du port de Beyrouth a annoncé dans un communiqué, paru dans la journée du mardi, son rejet de la session parlementaire, appelant à "la levée de l’immunité des suspects, et non à la fabrication d'une enquête parlementaire parallèle dont les résultats sont connus à l’avance".
Le 4 août 2020, une énorme explosion s'est produite dans le port de la capitale libanaise, faisant 217 morts et environ 7 000 autres blessés, en plus de dégâts matériels massifs.
Parallèlement à la séance de ce jeudi, des dizaines de familles de victimes et de blessés de l'explosion ont organisé un sit-in de protestation à l'ouest de Beyrouth, pour exiger la levée de l'immunité de 3 députés (anciens ministres), afin de les soumettre à l’enquête sur l'explosion.
Les manifestants ont qualifié la session parlementaire de "honteuse" et les députés qui y ont participé de "lâches", selon le correspondant de l'Agence Anadolu.
Au début du mois de juillet, l'enquêteur judiciaire, Tarek Bitar, a demandé la levée de l'immunité de 3 députés (anciens ministres) et 6 officiers supérieurs, pour les besoins de l’enquête, mais le Parlement lui a demandé plus d'éclaircissements et de documents avant d’envisager la levée de l'immunité des députés en question.
Quelques jours plus tard, 28 députés ont signé une pétition parlementaire qui comprenait une “demande d'inculpation et d'autorisation de poursuite“ des trois anciens ministres entre autres prévenus, devant le Conseil suprême pour le procès des présidents et des ministres, et non pas devant la justice pénale, qui mène actuellement les enquêtes judiciaires.
Selon les résultats préliminaires des enquêtes, l'explosion s'est produite dans l’entrepôt n°12 du port de Beyrouth, qui, selon les autorités, contenait environ 2 750 tonnes du "nitrate d'ammonium", un produit hautement explosif, qui avait été confisqué à un navire et stocké dans le port depuis 2014.
Des groupes de défense des droits humains, à l'intérieur et à l'extérieur du pays, estiment que les autorités libanaises posent des obstacles face à la justice, ce qui retarde l'avancement des enquêtes.
*Traduit de l’arabe par Mounir Bennour