Mourad Belhaj
19 Octobre 2019•Mise à jour: 22 Octobre 2019
AA / Beyrouth (Liban) / Bilal Al-Bqili
Des défenseurs des droits de l’Homme ont dénoncé de mauvais traitements et un "usage disproportionné de la force" par les forces de l’ordre libanaises contre les détenus suites aux manifestations qui secouent la capitale depuis 3 jours.
L'Agenda juridique (organisation non gouvernementale), a déclaré sur sa page Facebook avoir recensé, avec le Centre Libanais des Droits Humains et un groupe d’avocats, l’arrestation de 132 personnes durant les manifestations que connait Beyrouth depuis 3 jours, indiquant que trois mineurs se trouvaient au nombre des détenus.
L’Agenda juridique a indiqué que les forces de l’ordre ont procédé, jeudi, à l’arrestation de 46 personnes et quelque 86 autres dans la nuit de vendredi, dans les places de Beyrouth.
L’organisation libanaise a également indiqué que la police avait libéré la majeure partie des manifestants arrêtés, sur ordre du parquet, soulignant que des traces de coups et de mauvais traitements étaient visibles sur les corps des protestataires libérés.
L’agenda a expliqué que la plupart des libérés ont dit avoir été "maltraités durant leur arrestation et non durant les interrogatoires", "ce qui démontre l’usage disproportionné de la force dont ont fait preuve l’armée et la police".
La ministre de l’intérieur libanaise, Raya Al-Hassan, a déclaré sur Twitter qu’elle avait contacté le parquet "qui lui a affirmé que la majeure partie de ceux qui ont été arrêtés allaient être remis en liberté, en attendant de plus amples investigations quant à leur implication dans des actes de violence et de vandalisme".
Pour le troisième jour consécutif, les protestations se poursuivent dans toutes les régions du Liban, appelant au renversement du gouvernement et dénonçant l’augmentation des impôts et la dégradation des conditions de vie.
Les appels à manifester ont foisonné sur les réseaux sociaux quand le gouvernement a annoncé de nouveaux impôts introduits dans la loi de finance de l’année prochaine.
Le gouvernement a annoncé, jeudi, avoir renoncé à introduire de nouveaux impôts, mais la rue réclame désormais la chute de ce Gouvernement.