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19 Mai 2021•Mise à jour: 19 Mai 2021
AA / Beyrouth
Le ministre libanais des Affaires étrangères, Charbel Wehbé, a demandé au Président du pays, Michel Aoun, de le relever de ses fonctions, en raison d'une crise déclenchée par une déclaration qualifiée d'offensante à l'égard de l'Arabie saoudite et des pays du Golfe.
L'agence de presse officielle libanaise a rapporté, mercredi, que "Aoun a reçu le ministre Charbel Wehbé à la présidence de la République, et a reçu une lettre demandant l'exemption de ce dernier de ses responsabilités ministérielles".
L'agence n'a pas précisé si le président Aoun avait accepté ou non la démission du ministre.
A l’issue de sa rencontre avec Aoun, Wehbé a déclaré aux médias : "Afin de ne pas exploiter ce qui a été publié pour offenser le Liban et les Libanais, j'ai eu l'honneur de rencontrer Son Excellence, le Président, et lui ai soumis la demande de me relever de mes devoirs et responsabilités en tant que ministre des Affaires étrangères".
Et d’ajouter que sa démarche "est envisagée pour le bien du Liban et a donné la priorité au pays par rapport à tous les autres intérêts et calculs".
Wahbé a aussi déclaré : "J'espère du fond du cœur que cette question sera complètement close et qu'elle deviendra une chose du passé, de sorte que les relations libanaises avec les pays arabes et les pays amis et frères seront établies sur la base du respect mutuel".
Wehbé a déclaré, dans la journée du lundi, dans une interview à la chaîne américaine Al-Hurra TV, que "certains pays frères (sans les nommer) ont implanté Daech dans les plaines de Ninive et Anbar (Irak) et Palmyre (Syrie)", qualifiant un invité saoudien de "bédouin".
Plus tard, Wehbé a démenti dans un communiqué avoir évoqué les pays du Golfe, soulignant que ses propos ont été ressortis de leur contexte, afin de "déstabiliser les relations avec l'Arabie saoudite et les pays du Golfe".
La déclaration du ministre libanais des Affaires étrangères a suscité de vives réactions de la part des responsables libanais, notamment du Président Aoun et du Premier ministre désigné, Saad Hariri, qui ont considéré que cette déclaration portait atteinte aux relations avec les États du Golfe.
Le Secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Nayef Al-Hajraf, a appelé dans un communiqué, paru mardi, le ministre libanais à présenter des excuses officielles auprès des États du CCG et à leurs peuples, "à la suite de ses abus inacceptables".
Le ministère saoudien des Affaires étrangères a annoncé, mardi, dans un communiqué, avoir convoqué l'ambassadeur du Liban à Riyad et a estimé que "ces déclarations sont honteuses et pourraient avoir des répercussions sur les relations bilatérales entre les deux pays frères".
Les ministères des Affaires étrangères des Émirats arabes unis, de Bahreïn et du Koweït ont également convoqué, mardi, les représentants du Liban pour s'expliquer, selon les agences de presse officielles de ces pays.
Historiquement, des relations distinguées ont prévalu entre Riyad et Beyrouth. Cependant, des tensions ont débuté depuis 2017, lorsque l'Arabie saoudite a accusé le "Hezbollah" de contrôler la décision politique et sécuritaire au Liban, ainsi que de s'ingérer dans la guerre au Yémen, en soutenant des groupes armés opposés au Royaume saoudien.
*Traduit de l'arabe par Mounir Bennour