Monde

La Bulgarie adopte l'euro dans un contexte de manifestations et d'incertitude politique

- La transition se déroule dans un contexte marqué par des élections répétées, des manifestations massives contre la corruption et une fragilité économique

Melike Pala  | 01.01.2026 - Mıse À Jour : 01.01.2026
La Bulgarie adopte l'euro dans un contexte de manifestations et d'incertitude politique

Brussels Hoofdstedelijk Gewest

AA / Bruxelles / Melike Pala

La Bulgarie a adopté l’euro le 1er janvier, devenant ainsi le 21e membre de la zone euro, malgré des manifestations publiques importantes, une profonde instabilité politique et des inquiétudes croissantes concernant la hausse des prix.

Le pays des Balkans, membre de l’Union européenne depuis 2007, était dans la « salle d’attente » de la zone euro depuis 2020, aux côtés de la Croatie, qui a adopté la monnaie unique en 2023.

La Bulgarie a rempli l’ensemble des quatre critères de Maastricht requis pour l’adoption de l’euro, notamment la stabilité des prix, la solidité des finances publiques, la stabilité du taux de change et la convergence des taux d’intérêt à long terme.

Bruxelles et Sofia considèrent cette étape comme un « jalon historique » qui renforcera la stabilité économique du pays, stimulera le commerce et l’investissement et ancrera davantage la Bulgarie dans l’UE.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a estimé que l’euro apporterait « plus de commerce, plus d’investissements et des emplois de qualité » à la Bulgarie.

Cependant, cette transition intervient dans un contexte de crise politique prolongée, marqué par sept élections législatives en quatre ans, des accusations persistantes de corruption et une confiance publique en nette érosion vis-à-vis des institutions de l’État.

- Opinion publique partagée, instabilité politique persistante

L’opinion publique sur l’euro reste fortement divisée. Selon un récent sondage du ministère des Finances, 51 % des Bulgares soutiennent l’adoption de la monnaie unique, contre 45 % qui y sont opposés.

L’opposition s’est accentuée avec les manifestations menées par le parti d’extrême droite « Renaissance », qui avertit que l’adoption de l’euro « alimentera l’inflation et érodera la souveraineté nationale ». En juin, des députés du parti ont bloqué le podium parlementaire et des échauffourées ont éclaté lors des débats sur l’entrée dans la zone euro.

Les craintes de hausse des prix restent largement partagées, notamment parmi les ménages à faibles revenus, les populations rurales et les personnes âgées.

Avec un salaire mensuel moyen d’environ 1 250 € (1 467 $) et la Bulgarie classée pays de l’UE avec le PIB par habitant le plus bas en 2024 — 34 % en dessous de la moyenne européenne — de nombreux Bulgares craignent de ne pas pouvoir absorber l’augmentation du coût de la vie.

Les institutions européennes ont affirmé qu’aucune donnée ne montre que l’adoption de l’euro entraîne une inflation durable et ont promis des mesures strictes, notamment l’affichage des prix en double et un contrôle renforcé, pour éviter des hausses injustifiées.

Les partisans soulignent que rejoindre la zone euro permettra de réduire les coûts d’emprunt, d’améliorer la notation de crédit de la Bulgarie et de profiter à des secteurs clés comme le tourisme, qui représente environ 8 % du PIB.

Néanmoins, les analystes avertissent que l’instabilité politique persistante pourrait compromettre les gains économiques attendus. En décembre, le gouvernement du Premier ministre Rosen Zhelyazkov a démissionné après plusieurs semaines de manifestations massives anti-corruption. De nouvelles élections sont prévues au début de 2026.

*Traduit de l'anglais par Wafae El Baghouani

Seulement une partie des dépêches, que l'Agence Anadolu diffuse à ses abonnés via le Système de Diffusion interne (HAS), est diffusée sur le site de l'AA, de manière résumée. Contactez-nous s'il vous plaît pour vous abonner.
A Lire Aussi
Bu haberi paylaşın