L’Espagne dénonce le réarmement nucléaire, qualifié d’« erreur historique »
- « Les puissances nucléaires ont oublié les leçons du passé et recommencent à étendre leurs arsenaux nucléaires », a déclaré le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, lors de la Conférence de Munich sur la sécurité
Greater London
AA / Londres / Burak Bir
En relançant l’expansion de leurs arsenaux, les puissances nucléaires oublient « les leçons du passé », a mis en garde samedi le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, qualifiant cette dynamique « d’erreur historique ».
S’exprimant lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, Pedro Sánchez a fait part de ses inquiétudes face au réarmement nucléaire et a appelé les puissances concernées à négocier et signer un nouveau traité START, après l’expiration du dernier le 5 février, laissant les arsenaux stratégiques des États-Unis et de la Russie sans cadre contraignant.
« Le monde devient plus instable et nous, Européens, devons renforcer nos capacités de défense », a-t-il déclaré, tout en soulignant que le réarmement nucléaire n’est pas la voie appropriée pour garantir la souveraineté, l’intégrité territoriale ou la sécurité.
« Des traités ont été signés et les arsenaux nucléaires ont été drastiquement réduits, mais aujourd’hui la tendance s’inverse », a-t-il averti, ajoutant : « Les puissances nucléaires ont oublié les leçons du passé et recommencent à étendre leurs arsenaux. »
Selon lui, ces pays consacrent collectivement plus de 11 millions de dollars par heure à leurs arsenaux nucléaires.
Il a cité des experts estimant que les États-Unis investiront à eux seuls 946 milliards de dollars dans le nucléaire au cours de la prochaine décennie, un montant « suffisant pour éradiquer l’extrême pauvreté mondiale ».
« À mes yeux, c’est une erreur, une erreur historique que nous ne pouvons pas commettre à nouveau, surtout aujourd’hui, alors que l’intelligence artificielle projette une ombre d’incertitude sur le monde entier », a-t-il déclaré.
Pedro Sánchez a appelé les nations nucléaires à « mettre fin au réarmement nucléaire, s’asseoir à la table des négociations et signer un nouveau traité START ».
« Nous devons arrêter le président russe Vladimir Poutine, renforcer nos capacités de dissuasion, mais le faire de manière coordonnée, ciblée et maîtrisable », a-t-il conclu.
*Traduit de l'anglais par Sanaa Amir
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