Şeyma Erkul Dayanç
04 Février 2026•Mise à jour: 05 Février 2026
AA / Istanbul / Seyma Erkul Dayanc
Le milliardaire américain Elon Musk a critiqué les autorités françaises et le gouvernement espagnol dans plusieurs messages publiés sur la plateforme sociale de la société X, basée aux États-Unis, dans un contexte de régulation des réseaux sociaux en Europe.
- France
« C’est sur cela que les autorités en France devraient se concentrer », a écrit Elon Musk, en référence à une affaire judiciaire impliquant dix hommes mis en examen pour le viol d’un enfant de 5 ans sous soumission chimique à Lille.
En réaction à ces propos, l’ambassade de France aux États-Unis a rappelé, dans un message publié sur la plateforme X : « La loi est l’expression de la volonté générale. […] Elle doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse ». L’ambassade a cité la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 (article 6) et ajouté : « Personne n’est au-dessus de la loi ».
Le réseau social X a dénoncé mardi un « acte judiciaire abusif » reposant « sur des motivations politiques », après la perquisition de ses locaux français.
La plateforme a affirmé que les allégations justifiant cette perquisition étaient « infondées » et a réfuté catégoriquement toute infraction.
Elon Musk et Linda Yaccarino doivent être entendus le 20 avril 2026.
La perquisition s’inscrit dans le cadre d’une enquête ouverte en janvier 2025 par la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris, avec le concours de l’Unité nationale cyber de la gendarmerie et d’Europol, visant notamment le fonctionnement de Grok, le dispositif d’intelligence artificielle de X, suspecté d’avoir diffusé des contenus négationnistes et des deepfakes à caractère sexuel.
- Espagne
Dans une autre publication, Elon Musk a critiqué le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez. « Sánchez est le véritable fasciste totalitaire », a-t-il écrit.
Ces propos interviennent alors que le gouvernement espagnol a annoncé l’interdiction de l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 16 ans. Pedro Sánchez a précisé que les plateformes devront mettre en place des systèmes efficaces de vérification de l’âge afin d’empêcher les mineurs d’ouvrir ou d’utiliser des comptes sur ces services en ligne.
Le dirigeant espagnol a expliqué que cette mesure visait à protéger les enfants du « Far West numérique », où, selon lui, prolifèrent la désinformation, les discours de haine, les contenus pornographiques et d’autres contenus jugés nocifs pour les jeunes.
Pedro Sánchez a également annoncé la présentation d’un projet de loi visant à tenir les dirigeants des réseaux sociaux personnellement responsables des contenus illégaux ou haineux publiés sur leurs plateformes. Le texte prévoit aussi de criminaliser la manipulation algorithmique et l’amplification de contenus illégaux.
L’Espagne rejoint ainsi d’autres pays ayant envisagé ou adopté des mesures similaires.
L’Australie a été le premier pays à interdire les réseaux sociaux aux moins de 16 ans en décembre dernier, tandis que plusieurs pays européens, dont le Royaume-Uni et la France, ont exprimé leur intérêt pour des dispositifs fondés sur l’âge.
Le gouvernement espagnol affirme que ces mesures s’inscrivent dans un effort plus large visant à garantir un environnement numérique sûr pour les jeunes, tout en appelant d’autres pays européens à adopter des initiatives comparables.