Iran : Araghchi évoque avec son homologue français les conséquences de « l’agression américano-sioniste », selon Téhéran
- Selon les sources diplomatiques iraniennes citées par agenceTasnim, le chef de la diplomatie iranienne a critiqué le silence de certains pays européens face aux attaques "brutales" menées par les "agresseurs" contre le peuple iranien
Istanbul
AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, s’est entretenu par téléphone avec son homologue français, Jean-Noël Barrot, concernant les répercussions sécuritaires et économiques de ce que Téhéran qualifie d’« agression américano-sioniste » contre l’Iran, a rapporté lundi l’agence iranienne Tasnim News Agency, citant le ministère iranien des Affaires étrangères.
Selon la même source, Araghchi a critiqué le silence de certains pays européens face aux attaques « brutales » menées, selon lui, par les « agresseurs » contre le peuple iranien.
Toujours d’après le ministère iranien des Affaires étrangères, relayé par Tasnim, le chef de la diplomatie iranienne a également indiqué que le détroit d’Ormuz était fermé aux navires des parties participant à l’attaque contre l’Iran.
Lors de cet échange avec son homologue français, Araghchi a par ailleurs averti que toute « provocation » des « agresseurs » concernant le détroit d’Ormuz ne ferait, selon lui, qu’« aggraver la situation ».
Pour l’heure, aucune réaction immédiate des autorités françaises n’a été rapportée.
L'Iran avait deja accusé la semaine derniere la France de tenir un « double langage orwellien » concernant les tensions au Moyen-Orient, rejetant l'appel à la « désescalade » formulé par le président français Emmanuel Macron et comparant la posture iranienne à celle de la Résistance française face à l'Allemagne nazie.
Dans une publication sur le réseau social américain X, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei, a reproché à Paris de rester « passive face aux violations les plus flagrantes du droit international ».
Après que les États-Unis et Israël ont lancé des attaques contre l'Iran le 28 février, malgré les négociations en cours entre Téhéran et Washington, le général de brigade Ebrahim Jabbari, conseiller du commandant en chef des Gardiens de la révolution iraniens, a déclaré tard le 2 mars que les navires ne seraient pas autorisés à transiter par le détroit d'Ormuz, avertissant que tout navire tentant de le traverser serait pris pour cible.
Cette déclaration, qui concerne un détroit par lequel transite environ un quart du commerce pétrolier mondial, a ravivé les craintes sur l'approvisionnement énergétique mondial et provoqué de vives turbulences sur les marchés.
Par ailleurs, le président américain Donald Trump a déclaré avoir donné des instructions pour que des assurances contre les risques politiques et des garanties soient fournies à un coût raisonnable afin d'assurer la sécurité financière de l'ensemble du commerce maritime transitant par le Golfe, en particulier les expéditions d'énergie.
Il a ajouté que la Marine américaine pourrait commencer à escorter les pétroliers transitant par le détroit d'Ormuz si nécessaire.
Les marchés se concentrent également sur les craintes que le conflit au Moyen-Orient puisse peser sur le commerce mondial et raviver les pressions inflationnistes.
Le détroit d'Ormuz, situé à l'entrée du Golfe Persique, relie les exportations de pétrole et de GNL du Moyen-Orient aux marchés mondiaux via la mer d'Arabie et l'océan Indien.
Les grands producteurs, dont l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Koweït, l'Irak et le Qatar, dépendent largement de ce passage. Les marchés européens et les grandes économies asiatiques telles que la Chine, l'Inde, le Japon et la Corée du Sud en dépendent pour leurs importations énergétiques.
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