Ümit Dönmez
25 Avril 2023•Mise à jour: 25 Avril 2023
AA / Paris / Ümit Dönmez
Le vice-président du conseil départemental de Mayotte, Salime Mdéré a estimé, ce lundi, que le meurtre de migrants provenant des Comores serait une solution envisageable pour lutter contre la violence dans l'archipel.
« Ces voyous, ces délinquants, ces terroristes, à un moment, il faut peut-être en tuer. Je pèse mes mots. [...] S'il n'y en a pas un qui est tué, il y en aura toujours d'autres qui vont oser tuer des policiers », a déclaré l'élu divers droite au micro de la chaîne de télévision locale, Mayotte La 1ere, alors qu'il faisait référence aux migrants illégaux qui sont visés par l'opération d'expulsion « Wuambushu », lancée ce lundi dans le département français d'Outre-mer.
La déclaration de l'élu territorial a mené le journaliste à l'interrompre, ainsi qu'à des réactions de divers horizons.
Dans une publication sur Twitter, le sénateur écologiste apparenté Parti socialiste (PS) Bernad Jomier a dénoncé cet « appel à tuer », estimant que « la spirale de violences témoigne de l’échec du choix institutionnel ».
« Un élu ne peut y répondre ainsi, c’est inacceptable », a conclu le sénateur.
Au micro de la chaîne locale, Salime Mdéré a, néanmoins, exprimé son espoir de réussite pour l'opération Wuambushu et également qu'elle « sera maintenue sur le long terme.
« Parce qu'il ne faudrait pas qu'on expulse quelques centaines de personnes de façon irrégulière à Mayotte et que le lendemain ils reviennent », a conclu le vice-président du conseil départemental de Mayotte.
Les "incitations publiques à la haine, à la violence ou à la discrimination" sont des délits passibles d'un an de prison de 45 000 euros d'amende, sur le territoire français.
Pour rappel, l’opération « Wuambushu » lancée lundi 24 avril sur l'île de Mayotte avec un déploiement des forces de sécurité, vise à lutter contre « la délinquance » et à mettre fin aux bidonvilles, selon les autorités françaises.
« L’action menée à Mayotte est la restauration de la paix républicaine. C’est une action difficile, mais extrêmement résolue. Ce qui met en danger la population, c’est l’insalubrité, l’insécurité et la non-reconnaissance du droit de propriété. Le préfet fait appel de cette décision », a expliqué, mardi, dans un tweet, Gérald Darmanin, ministre français de l'Intérieur.
Dans un autre développement, le juge des référés a ordonné au préfet de Mayotte de cesser toute opération d'évacuation et de démolition du bidonville « Talus 2 » à Majicavo, considérant que la destruction de ce bidonville « met en péril la sécurité » des habitants.
La décision judiciaire a été accueillie par les cris de joie des habitants, alors que la préfecture de Mayotte a annoncé faire appel de cette décision.