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France : un campement de mineurs isolés installé dans le cœur de Paris pour alerter sur leur sort

- L’objectif de l'association Utopia 56 Paris est de "demander la création de structures d’accompagnement et d’hébergement pour les mineurs isolés" qui ne sont pas encore reconnus comme mineurs par les autorités françaises.

Ekip  | 30.05.2022 - Mıse À Jour : 31.05.2022
France : un campement de mineurs isolés installé dans le cœur de Paris pour alerter sur leur sort

France

AA / Paris / Ümit Dönmez

Un campement a été installé, samedi, par une organisation non gouvernementale (ONG), en plein cœur de Paris, pour alerter sur le sort des mineurs isolés, qui sont dans l'attente d'être reconnus en tant que mineurs, par les autorités françaises.

L'association Utopia 56 Paris, à l'origine de l'événement, a choisi d'installer le camp sur la place de la Bastille pour informer le public que "l’État fait le choix de ne pas reconnaître leur minorité, selon un communiqué publié sur son site Internet.

"Chaque nuit et depuis des années, des centaines de jeunes arrivés en France sans leurs parents, dorment à la rue faute d’hébergement", déplore l'ONG française qui demande la création de structures d’accompagnement et d’hébergement adaptées.

"Pour porter ce message au travers de la voix et du quotidien de ces jeunes, à partir d’aujourd’hui [samedi], 12 h 00, nous nous installons sous tentes, au côté d’une trentaine de jeunes [..] pour une durée illimitée", note encore l'association qui rappelle que ces jeunes provenant du Mali, du Bangladesh, de Côte d’Ivoire, d’Afghanistan et d’autres pays, "ont traversé, souvent seuls, le Sahara, la Libye, la Méditerranée, parfois pendant des années, avant d’arriver en France avec l’espoir de pouvoir étudier et grandir librement".

Utopia 56 Paris témoigne "des parcours déjà traumatiques auxquels s’ajoute la violence de l’accueil" dans l'Hexagone.

Pour illustrer cette situation, l'association rapporte les motifs cités par les autorités françaises bloquant ou retardant la reconnaissance du statut de mineurs, de ces jeunes.

« Vos propos concernant votre famille sont insuffisants pour permettre de les rattacher à l’âge que vous déclarez ».

Une "justification souvent avancée par le dispositif d’évaluation", indique l'association qui ajoute que "Adama sera finalement reconnu mineur 9 mois plus tard, après avoir passé tout ce temps à la rue".

Utopia 56 déclare être "quotidiennement mobilisée", ainsi que d'autres associations actives dans l'Hexagone "afin de leur venir en aide et initier une procédure de recours devant le juge des enfants dans le but d’établir leur minorité".

"Parmi les jeunes accompagnés par Utopia 56 à Paris, environ 65% d’entre eux ont finalement été reconnu.es mineur.es en 2021 après avoir déjà passé plusieurs mois à la rue", note encore l'ONG, déclarant avoir accompagné plus de 500 jeunes, l'année dernière.

"L’État français construit sa politique de dissuasion migratoire autour du passage par la rue. Elle abandonne et maltraite ainsi quotidiennement ces enfants, avec l’espoir sadique de faire passer un message", estime Pierre Mathurin, coordinateur d’Utopia 56 Paris, cité dans le communiqué de l'association qui dénonce également "la solitude et le harcèlement policier auxquels ces jeunes doivent faire face quotidiennement".

L'association rappelle également, en collaboration avec 4 associations, avoir saisi le Comité des droits de l’enfant de l’ONU, qui a ouvert une enquête "sur le traitement des mineur·es isolées par la France, déjà plusieurs fois condamnée par la Cour Européenne des Droits de l’Homme pour ses manquements" dans ce domaine.

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