Feiza Ben Mohamed
05 Avril 2023•Mise à jour: 14 Avril 2023
AA / Nice / Feïza Ben Mohamed
L’intersyndicale a déploré, mercredi, « un échec », après une réunion de moins d’une heure avec la première ministre française Élisabeth Borne à Matignon.
En conférence de presse à la sortie de l’hôtel de la rue de Varenne, les syndicats, par la voix de Cyril Chabanier, président de la CFTC (Confédération française des travailleurs chrétiens), ont estimé que « maintenir la réforme des retraites est grave ».
« Nous avons redit à la Première ministre qu'il ne saurait y avoir d'autre issue démocratique que le retrait du texte », a-t-il fait savoir au nom de l’intersyndicale avant d’appeler « à se joindre massivement aux cortèges (qui auront lieu jeudi) dans toute la France pour dire non une onzième fois à cette réforme injuste et brutale ».
L’intersyndicale assure, par ailleurs, qu’elle ne retournera « pas à la table des concertations comme si de rien n'était » et appelle à nouveau « au retrait pur et simple de ce texte ».
« Nous sommes venus demander le retrait de la réforme des retraites au nom des millions de salariés mobilisés depuis trois mois. La Première ministre nous a adressé une fin de non recevoir et choisit de nous renvoyer dans la rue. Nous avons choisi de mettre fin à cette réunion inutile dès lors que la Première ministre nous a indiqué qu'elle continuerait à gouverner contre le pays », a, quant à elle, déclaré Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT (confédération générale du travail), nouvellement élue.
De son côté, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, redoute que « la crise sociale (soit) en train de se transformer en crise démocratique » et souhaite que dès jeudi, un « maximum de travailleurs et de travailleuses se mobilisent » et « rejoignent les cortèges ».
Après le départ des syndicats, la première ministre Élisabeth Borne a finalement pris la parole face à la presse en affirmant qu’en dépit d’un « désaccord sur l’âge » de départ à la retraite, elle « n'envisage pas d'avancer sans les partenaires sociaux ».
Accompagnée notamment du ministre du travail, Olivier Dussopt, la cheffe du gouvernement a assuré avoir « entendu tour à tour les organisations syndicales » et leur avoir fait état de sa « conviction » quant à « la nécessité de cette réforme ».
Elle déplore le fait que « ce désaccord » n’ait « pas permis une discussion plus approfondie » mais promet d’être disponible pour discuter d’autres sujets comme « la pénibilité » et « les carrières longues ».
À noter que les syndicats étaient reçus à la veille d’une nouvelle journée de mobilisation nationale et attendent la décision du Conseil constitutionnel qui examine la loi de réforme des retraites et doit rendre sa décision le 14 avril prochain.