Feiza Ben Mohamed,Ümit Dönmez
23 Mars 2023•Mise à jour: 23 Mars 2023
AA / Paris-Nice / Feiza Ben Mohamed - Umit Donmez
A l'appel de l'intersyndicale, des manifestations ont éclaté dans plusieurs villes françaises, jeudi, en guise de protestation contre la réforme des retraites, adoptée grâce à l'article 49.3 de la Constitution.
A Paris, à Rennes comme à Marseille et à Nice, pour ne citer que ces agglomérations, les manifestants ont investi la voie publique, exprimant leur refus du report de l'âge de la retraite à 64 ans, contre 62 ans actuellement.
A Paris, le cortège a commencé à se constituer à 14h (heure locale) depuis la place de la Bastille pour rejoindre le parvis de l'Opéra, en présence d'un important dispositif policier.
Plusieurs édifices comme la Tour Eiffel, l'Arc de Triomphe ou encore le château de Versailles, ont été fermés afin d'éviter qu'ils soient dégradés par les casseurs.
Depuis le matin, plusieurs actions ont été déjà menée, avant le départ de la manifestation principale à 14h.
Des syndicalistes ont envahi la Gare de Lyon, alors que d'autres manifestants ont bloqué l'accès à l'aéroport Paris-Charles-de-Gaulle, poussant les voyageurs à continuer à pied.
Les transports étaient fortement perturbés ce jeudi, peut-on constater sur place.
A l'extérieur de Paris, une imposante manifestation à Marseille a été rapportée par les médias et sur les réseaux sociaux. Les chiffres de la Confédération générale du travail font état de 280 mille manifestants, alors que la préfecture de police avance le chiffre de 30 mille uniquement.
Le maire de Marseille, Benoît Payan, a demandé au président Macron de ne pas promulguer la réforme des retraites.
« Il doit prendre ses responsabilités. Le 49.3 a voté la loi mais il faut se souvenir de ce qu’avait fait Chirac avec le CPE : dans sa grande sagesse, il avait évité les confrontations dans le pays », a-t-il déclaré aux médias locaux.
Des tensions ont été, par ailleurs, constatées à Rennes et à Lorient.
A Rennes (nord-ouest) par exemple, les manifestants ont jeté des projectiles en direction des forces de l'ordre et plusieurs d'entre eux ont été interpellés.
A Lorient (région de Bretagne), les manifestants ont attaqué une préfecture et un tribunal administratif.
A Nice, également, des manifestants ont envahi l'aéroport.
Des responsables syndicaux ont appelé, dans la foulée, à la non-violence.
"Jusqu'au bout il va falloir garder l'opinion, c'est notre pépite", et pour cela "il faut des actions non violentes, qui n'handicapent pas le quotidien des citoyens", a soutenu Laurent Berger, secrétaire général de la (Confédération française démocratique du travail) CFDT, cité par RMC.
Le ministre de l'Intérieur a, pour sa part, jugé "inacceptables" les attaques et les dégradations contre la sous-préfecture et le commissariat de Lorient.
Pour rappel, le projet de réforme des retraites, pourtant contesté par la rue, a été adopté sans vote, grâce au recours de l'article 49.3 de la Constitution qui permet au Gouvernement d'engager sa responsabilité pour faire passer un texte de loi en cas d'absence de la majorité absolue (50% + 1 voix) à l'Assemblée nationale.
Des motions de censure contre le gouvernement, s'en sont suivies, mais n'ont pu recueillir le nombre de voix suffisants (278 sur 287).
Les syndicats et l'opposition, de leur côté, ne lâchent pas.