Bilal Müftüoğlu
20 Janvier 2016•Mise à jour: 21 Janvier 2016
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
Le nombre des actes islamophobes en France a triplé en 2015 pour atteindre près de 400, a annoncé mercredi le ministre de l'Intérieur français Bernard Cazeneuve.
Les actes antireligieux dans leur ensemble ont sensiblement progressé en France en 2015 sauf ceux à caractère antisémite, notamment dans un contexte social fragilisé par les attentats terroristes, a déclaré Cazeneuve, dans une interview avec le quotidien La Croix.
"Pour la totalité de l’année 2015, nous constatons une diminution de 5 % des actes antisémites, qui restent cependant à un niveau élevé, avec 806 actes constatés. Au lendemain des attentats de janvier, les actes antimusulmans ont triplé et s’établissent à environ 400 pour l’année 2015 (...) Les lieux de culte et cimetières chrétiens, qui sont en France les plus nombreux, ne sont pas épargnés avec 810 atteintes, en hausse de 20 %", a-t-il ainsi noté.
Le ministre a aussi rappelé que près de 40 imams ont été expulsés du territoire français pour leurs propos jugés violents et que trois associations culturelles ont été dissoutes, une première en France dans le contexte de l'état d'urgence.
Cazeneuve a lancé à cet égard un appel aux Français de confession musulmane, en les remerciant de "leur amour de la République" et de leurs "positions claires" contre l'extrémisme.
"Je sais que l’immense majorité des musulmans souffrent du dévoiement de leur religion par une poignée d’individus qui tiennent des propos inacceptables (...) Je vois dans les mosquées,quand je me déplace, qu’il se passe aujourd’hui quelque chose de très positif dans l’islam de France, qui relève du sursaut républicain", a-t-il indiqué.
Interrogé par ailleurs sur l'étendue de l'état d'urgence, mis en place depuis les attentat de Paris du 13 novembre 2015, Cazeneuve a fait savoir que la police française a procédé à plus de 3 000 perquisitions administratives, tout en saisissant 500 armes, en deux mois.
La police a interpellé environ 400 individus, dont 52 ont été incarcérés par la suite, a encore noté le ministre de l'Intérieur.
Finalement, sur la question du prolongement éventuel de l'état d'urgence, dont la fin est prévue fin février, Cazeneuve a refusé de donner une réponse explicite, affirmant, "Il y a une menace élevée et il ne faut pas se priver des outils utiles".