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France: des associations dénoncent l’exclusion des étudiants étrangers non européens de l’aide personnelle au logement

- « L’acharnement politique qui cible les étudiant-e-s étranger-e-s est indigne : xénophobe, dangereux et absurde », déplorent les associations dans un communiqué daté du 16 février

Ben Amed Azize Zougmore  | 24.02.2026 - Mıse À Jour : 24.02.2026
France: des associations dénoncent l’exclusion des étudiants étrangers non européens de l’aide personnelle au logement

Istanbul

AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore

Plusieurs organisations étudiantes et associatives montent au créneau contre une disposition du budget 2026 adopté le 2 février, qui prévoit l’exclusion des étudiants étrangers ne disposant pas de la nationalité d’un pays de l’Union européenne du bénéfice de l’Aide personnalisée au logement (APL).

Dans un communiqué commun daté du 16 février, les signataires, parmi lesquels figurent entre autres Attac, la Confédération générale du travail (CGT), l'Union nationale des étudiants de France (Unef) et SOS Racisme, estiment que cette mesure introduit une « rupture d’égalité » entre étudiants en fonction de leur nationalité, dénonçant une décision qu’ils jugent « dangereuse » et « inutile ». « L’acharnement politique qui cible les étudiant-e-s étranger-e-s est indigne : xénophobe, dangereux et absurde », déplorent les signataires du communiqué et accusent le gouvernement français d’alimenter un climat de stigmatisation.

- Une exclusion ciblée

Selon le texte, seuls les étudiants étrangers extracommunautaires non boursiers seraient concernés par l’inéligibilité aux APL. Les organisations rappellent que les étudiants boursiers représenteraient environ 2 % des quelque 320 000 étudiants extracommunautaires inscrits dans l’enseignement supérieur français.

Pour les signataires, la mesure s’inscrit dans un contexte plus large de précarité. Ils soulignent que ces étudiants sont déjà soumis, depuis la mise en place du plan « Bienvenue en France » en 2019, à des droits d’inscription différenciés, pouvant atteindre 3 000 euros en licence et 4 000 euros en master.

- Une précarité documentée

Les signataires du communiqué citent des données de l’Observatoire de la vie étudiante (OVE), selon lesquelles 62 % des étudiants internationaux déclarent avoir eu recours à une aide alimentaire ou en avoir eu besoin. Les APL représenteraient en moyenne 200 euros mensuels dans leur budget.

Dans ce contexte, la suppression de cette aide est présentée comme un facteur d’aggravation de la précarité, déjà alimentée par des difficultés d’accès au logement, à l’emploi étudiant ou aux stages.

- Un débat aux dimensions économiques et académiques

Au-delà de l’enjeu social, les organisations mettent en avant l’impact économique de la présence des étudiants étrangers. Elles soutiennent que leur contribution — via leurs dépenses de vie courante et leur participation à l’activité économique, serait supérieure au coût public de leur accueil.

Le communiqué insiste également sur l’apport académique et scientifique de ces étudiants, évoquant leur rôle dans la vitalité de la recherche et le rayonnement international des universités françaises.

- Un débat plus large sur le financement de l’enseignement supérieur

Enfin, les signataires replacent la mesure dans un débat plus global sur le financement de l’enseignement supérieur, alors que la question d’une modulation des frais d’inscription, y compris pour les étudiants français, revient régulièrement dans l’espace public.

Ils concluent en appelant au maintien d’un accès égal aux droits sociaux pour tous les étudiants, quelle que soit leur nationalité, estimant que le droit à l’enseignement supérieur relève pleinement du droit à l’éducation.

Inscrite à l’article 67 de la loi de finances pour 2026 en France, adoptée en février, ladite mesure exclut du bénéfice de l’APL les étudiants extra-communautaires qui ne perçoivent pas de bourse sur critères sociaux. Les étudiants originaires de l’UE, de l’EEE ou de Suisse, ainsi que les étudiants boursiers, quelle que soit leur nationalité, demeurent éligibles.

Le gouvernement français justifie cette réforme par la volonté de « mieux cibler les aides publiques » dans un contexte budgétaire contraint


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