Bilal Müftüoğlu
28 Octobre 2016•Mise à jour: 31 Octobre 2016
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
Depuis le début de l'opération de démantèlement du camp de migrants de Calais (nord de la France), surnommé la "Jungle", 90 migrants ont été placés en rétention, a annoncé l'association humanitaire Cimade.
"Alors que l’opération « humanitaire » menée par le gouvernement à Calais touche à sa fin, l’État commence désormais à enfermer les personnes exilées dans des centres de rétention administrative (CRA)", a déploré l'association dans son bilan, dénonçant une opération policière qui vise les migrants qui n'ont pas pris place depuis lundi à bord des bus à destination des centres d'accueil et d'orientation.
Ces 90 migrants sont actuellement enfermés dans les CRA de Coquelle, de Paris-Vincennes, du Mesnil-Amelot et de Metz alors que d'autres CRA (ceux de Hendaye, Strasbourg et Plaisir), jusque-là fermés, ont rouvert leurs portes, rapporte la Cimade, signalant que le nombre des migrants placés en rétention pourrait augmenter dans les prochains jours.
Parmi ces 90 migrants, l'association recense 25 Soudanais, 18 Afghans, 7 Érythréens, 4 Syriens, 3 Irakiens, "autant de personnes que la France ne peut pas expulser dans des pays en guerre ou dans lesquels les violences sont généralisées", apprend-t-on du bilan.
Ces migrants, actuellement privés de liberté, pourraient être libérés ou encore expulsés vers leurs pays de première entrée sur le sol européen, dans 45 jours, soit le délai légal de rétention en France, explique Rafael Flichman, responsable du service de communication de la Cimade, à Anadolu.
Outre les migrants originaires des zones de conflit, on y trouve également 29 Albanais qui, eux, seront tous expulsés, précise Flichman. Exemptés de visa pour un séjour inférieur à 90 jours dans l'espace Schengen, ces Albanais pourraient facilement revenir en France et tenter leur chance d'atteindre le Royaume-Uni, renchérit-il.
Les migrants en en quête de protection ou en route vers le Royaume-Uni "risquent de commencer à se disperser sur le littoral Nord et à Paris, dans les campements encore plus précaires que le bidonville de Calais", met en garde la Cimade dans son bilan, appelant les autorités publiques à "les accompagner et de leur proposer un hébergement digne".
"Le recours à l’enfermement comme alternative à la mise à l’abri en CAO ne peut pas être une réponse", soutient l'association.