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10 Février 2022•Mise à jour: 10 Février 2022
AA / Beyrouth
Des dizaines de familles des victimes de l'explosion meurtrière du port de Beyrouth ont fait irruption, jeudi, dans les locaux du Palais de justice de la capitale libanaise, exigeant de cesser d'entraver l'enquête sur l'affaire.
L'Agence nationale de presse (officielle) a déclaré que les familles des victimes, des blessés et autres sinistrés de l'explosion du port de Beyrouth ont organisé un sit-in devant le Palais de justice.
Les manifestants ont brandi des portraits des victimes et des banderoles appelant à "soutenir la justice et accélérer les recours qui obstruent le cours de l'enquête et la voie de la justice. Ils ont, par ailleurs réclamé la poursuite de l'enquête du juge Tarek Bitar, paralysée depuis plusieurs semaines sur fond d'ingérences politiques.
En effet, l'enquête est suspendue depuis le 23 décembre, dans l'attente de la décision de la juge Rola Al-Masry, qui devait trancher dans la question du recours déposé à l'encontre du juge Bitar, afin que ce dernier puisse reprendre son enquête.
Plusieurs dizaines de protestataires ont pu pénétrer dans le palais de Justice, en dépit de la présence des forces sécuritaires. Des bousculades ont eu lieu, et les proches des victimes ont réussi à bloquer plusieurs accès menant au palais, selon la chaîne Al-Jadeed (privée).
L'agence libanaise de presse a rapporté citant l'activiste et journaliste Samir Skaf que le dossier de l'enquête n'est pas pris au sérieux, dénonçant " l'insouciance inacceptable de la justice quant à cette affaire".
"Nous nous tenons aux côtés des familles des victimes et demandons au pouvoir judiciaire de faciliter l'enquête. Nous avons peur de perdre la cause et la vérité. Nous avons peur qu'on entrave l'enquête du juge Bitar. Il a été suspendu pendant deux mois", lit-on de même source.
Le 2 juillet, Bitar avait inculpé 10 fonctionnaires et officiers, dont deux représentants du mouvement Amal (chiite proche du Hezbollah), Ali Hassan Khalil et Ghazi Zuaiter, ainsi que l'ancien Premier ministre Hassan Diab.
Cependant, ces poursuites ont été rejetées par certaines forces politiques libanaises, notamment le Hezbollah, dont le chef Hassan Nasrallah a qualifié les enquêtes de Bitar de "politisées" et "qu'elle ne mèneront pas à la vérité".
Le 4 août 2020, une explosion s'est produite dans le port, tuant 217 personnes et blessant environ 7 000 autres, en plus de dégâts matériels massifs touchant les bâtiments résidentiels et commerciaux.
*Traduit de l'arabe par Wejden Jlassi