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En pleine mobilisation agricole, la France annonce qu'elle votera contre l’accord UE-Mercosur

- Paris a confirmé sa décision de voter contre l’accord UE-Mercosur à Bruxelles, tandis que la mobilisation des agriculteurs s’est poursuivie jeudi, notamment en région parisienne, à l’appel de la Coordination rurale

Serap Doğansoy  | 08.01.2026 - Mıse À Jour : 09.01.2026
En pleine mobilisation agricole, la France annonce qu'elle votera contre l’accord UE-Mercosur

Istanbul

AA / Istanbul / Serap Dogansoy

Le président Emmanuel Macron en a informé, jeudi dans l’après-midi, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, que la France votera vendredi contre la signature de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur.

Cette décision intervient alors que la France ne dispose pas du poids nécessaire pour empêcher la signature de l’accord à Bruxelles, plusieurs États membres favorables au traité disposant d’une majorité qualifiée. D’autres étapes institutionnelles restent toutefois à franchir avant une éventuelle entrée en vigueur du texte.

Le président de la République a arrêté la position française après des échanges politiques nourris, alors que l’opposition au traité est largement partagée au Parlement et que plusieurs organisations agricoles dénoncent un accord jugé défavorable aux agriculteurs européens. Le dossier doit désormais être examiné par le Parlement européen, appelé à se prononcer sur la suite de la procédure de ratification.

Le vote négatif de Paris s’inscrit dans un contexte de forte mobilisation du monde agricole. Selon le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, 67 actions ont été recensées jeudi dans 39 départements, rassemblant environ 2.200 manifestants et 625 tracteurs. À Paris, une centaine de tracteurs ont pu accéder à la capitale malgré le dispositif de sécurité mis en place, a-t-il précisé lors d’une conférence de presse.

La manifestation parisienne organisée à l’appel de la Coordination rurale n’avait pas été déclarée, a indiqué le ministre, ajoutant ne pas avoir souhaité disperser le rassemblement. Les forces de l’ordre ont procédé à 11 interpellations en dehors de Paris et notifié 65 verbalisations. Les discussions se poursuivaient en fin de journée pour organiser la sortie des manifestants.

Le président de la Coordination rurale, Bertrand Venteau, a appelé le ministère de l’Intérieur à « enlever les amendes, lever les gardes à vue et libérer » les tracteurs placés en fourrière, afin de permettre aux agriculteurs mobilisés depuis l’aube en région parisienne de « rentrer se reposer ». « Je n’ai vu aucune déclaration comme quoi les paysans étaient essentiels pour la France, c’est une honte », a-t-il déclaré, juché sur un tracteur à l’issue d’un rendez-vous avec la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet. Longuement applaudi par ses troupes, il a estimé que « le combat sera dur et long », tout en avertissant que la Coordination rurale était prête à « revenir » si aucune annonce jugée satisfaisante n’était faite par le gouvernement.

Laurent Nuñez a également condamné les incidents ayant visé Yaël Braun-Pivet lors de la mobilisation aux abords du Palais Bourbon. Le gouvernement, confronté à une opposition transpartisane au traité, affirme de son côté que le processus européen se poursuit et que le débat se déplacera désormais au Parlement européen.

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