Lassaad Ben Ahmed
13 Janvier 2021•Mise à jour: 14 Janvier 2021
AA/Nice/Feïza Ben Mohamed
Les députés français Sira Sylla et M’jid El Guerrab ont présenté, mercredi, un rapport dans lequel ils proposent, notamment, de réformer la politique d’octroi des visas aux personnes en provenance de l’Afrique.
Les deux élus estiment que la complexité et les refus à répétition de l’administration française, poussent notamment les étudiants africains à se tourner vers la Chine ou la Turquie, bien plus ouvertes en la matière.
« On commence à se faire dépasser par la Chine ou la Turquie parce qu’on refuse trop de visas » reconnaît Sira Sylla.
Elle estime que la France déploie une politique d’octroi des visas « trop axée sur le sécuritaire » et que le « poids du ministère de l’Intérieur est trop important » dans les décisions.
Pour pallier au constat, M’jid El Guerrab explique qu’ils ont travaillé à des « blocs de propositions » pour fluidifier le processus et le rendre plus juste.
Dans leur rapport, les deux parlementaires préconisent de «rééquilibrer les rôles du ministère de l’Intérieur et du Quai d’Orsay, au profit de ce dernier, dans le pilotage de la politique des visas ».
Ils estiment, à cet effet, que « la question des visas est au cœur de la relation entre la France et l’Afrique, ce qui milite pour que le MAE conserve un pouvoir d’appréciation et une capacité à faire des visas un outil d’influence ».
Les auteurs du rapports souhaitent également que les autorités françaises se concentrent sur la question des visas de regroupement familial, jugés comme non prioritaires dans le cadre de la crise sanitaire.
Ils veulent « inscrire, de façon immédiate, les bénéficiaires du regroupement dans la catégorie des personnes bénéficiant d’une dérogation à la fermeture des frontières dans le contexte de la pandémie mondiale ».
S’agissant, ensuite, des visas étudiants, le rapport invite à « conduire une vaste étude sur le devenir des étudiants étrangers à deux ou cinq ans après leur diplôme » afin de connaître avec précision les statistiques de retour au pays d’origine, ou de maintien sur le sol français.
Il est également proposé de «réfléchir (...), à un système de garant des demandeurs de visas lorsque ces derniers n’ont pas les ressources suffisantes» ou encore d’« accroître la part des visas délivrés sous la forme de visa de circulation afin de rapprocher la France de la moyenne européenne».
Pour élaborer ce rapport, les deux députés ont procédé à près d’une dizaine d’auditions à Paris, et se sont déplacés à Dakar et à Abidjan, où ils avaient également entendu plus d’une trentaine de spécialistes.