AA / Montréal / Hatem Kattou
Le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, a souligné, mercredi, qu’il n’envisage pas « dans l’immédiat » de remplacer la gouverneure générale, Julie Payette.
C’est ce qui ressort d’une interview accordée, mercredi, par Trudeau, à la station de radio d’expression anglaise, « RED FM » à Vancouver (Colombie Britannique, ouest), et qui a été relayée par les différents médias locaux.
Trudeau a tenu à préciser dans cette interview que le « Bureau du Conseil privé » (instance ministérielle chargée de conseiller de manière impartiale le Premier ministre) a diligenté une « enquête indépendante » sur les allégations de « harcèlement » et les accusations de création d’une atmosphère de travail « toxique » portées à l’encontre de la gouverneure générale.
L’enquête, dont les conclusions seront rendues au gouvernement, « plus tard durant l’automne », a été confiée à la firme « Quintet Consulting » qui avait mené par le passé des investigations sur des affaires inhérentes à d’anciens premiers ministres et sénateurs.
Justin Trudeau a, donc, souligné qu’il ne comptait « pas faire appel à la reine Élisabeth II » pour réclamer le remplacement de la gouverneure générale.
Il a précisé, à cet effet, que « Nous avons une excellente gouverneure générale en ce moment, et je crois qu'en plus de la crise de la COVID-19, personne ne souhaite une crise constitutionnelle ».
Commentant, par ailleurs, l’affaire dans laquelle est impliquée Julie Payette, Trudeau a lancé : « Nous avons mis un processus en place pour évaluer les conditions de travail à Rideau Hall, mais nous n'envisageons pas d'aller plus loin », avant d’ajouter « pour l'instant ».
Notons que c’est la première fois, depuis l’éclatement de l’affaire en juillet dernier, que le Premier ministre Trudeau monte au créneau et défend la gouverneure générale, accusée, entre autres « d’humiliations, de harcèlement et d’insultes » à l’encontre de ses employés.
Rappelons que Julie Payette prononcera, le 23 septembre courant, le « Discours du trône », qui annonce l’ouverture d’une nouvelle session parlementaire, après que la représentante de la Reine Elizabeth II, en poste depuis le 13 juillet 2017, ait accepté la demande de Justin Trudeau de proroger le mandat du parlement, issu des élections fédérales du mois d’octobre dernier.
Le gouverneur général au Canada est le représentant de la Couronne britannique (poste honorifique) et occupe également la position de commandant en chef des fores armées canadiennes.