Ekip,Tuncay Çakmak
03 Septembre 2020•Mise à jour: 04 Septembre 2020
AA / Ankara
Des journalistes travaillant pour l’agence de presse officielle turque, l’Agence Anadolu (AA), qui se sont rendus sur l’île grecque de Meis (Castellorizo) pour couvrir les récents développements ont été menacés, mercredi, par un site Internet grec anti-turc.
Le représentant à Athènes de l’agence Anadolu, Tevfik Durul, et le photojournaliste, Ayhan Mehmet, se sont d’abord envolés de la capitale grecque pour Rhodes, avant de rejoindre ensuite l’île par bateau.
Un site web raciste et anti-turc basé en Grèce et appelé Turkikanea.gr a publié un éditorial provocateur quelques heures seulement après leur arrivée sur Meis.
"Pourquoi autorisons-nous les espions turcs du renseignement turc (MIT) à se rendre à Meis ? Pourquoi les avons-nous laissé mettre le pied sur l'île ? Ne savons-nous pas ce que ces espions du MIT tentent de faire ? Nous espérons que les autorités feront le nécessaire !"
Le site Web a également publié une photo de la page d’identité du passeport de Tevfik Durul, une copie qui ne peut être conservée que par les autorités grecques et ne doit être partagée avec personne.
Une explication est attendue des autorités grecques sur la manière dont le site a réussi à obtenir une photo du passeport, Durul n'ayant montré la page à personne en dehors des autorités lors de ses voyages à Athènes et à Meis.
"Cibler deux journalistes qui se sont rendus sur l’île pour suivre l’actualité est un coup dur pour la liberté de la presse", a déclaré Senol Kazanci, Directeur général de l’agence, dans un communiqué.
Condamnant l'éditorial provocateur, Kazanci a souligné que les journalistes travaillant pour l’Agence Anadolu (AA), une agence de presse mondiale, suivent de près l'agenda et les développements sur l'île de Meis comme partout ailleurs dans le monde.
"Les autorités grecques doivent offrir un environnement de travail sûr aux journalistes de l’AA", a-t-il ajouté.
"Nous attendons une explication et des excuses de l'administration d'Athènes pour la manière dont les informations d'identité et de passeport de nos amis, qui ne devraient être entre les mains que des autorités grecques, ont été divulguées", a-t-il ajouté.
- Altun : "Vous en paierez le prix"
"Vous en paierez le prix si ces journalistes turcs devaient être mis en danger. Personne ne peut faire taire l'Agence Anadolu, dont le personnel travaille dans les environnements les plus hostiles, par des menaces, des intimidations ou la publication de leurs informations personnelles", a déclaré le directeur de la communication de la Présidence turque, Fahrettin Altun sur Twitter.
"Nous condamnons les efforts des autorités grecques pour inciter à la violence, à travers un site web fasciste, contre les journalistes des AA à Meis. Il convient de noter que les journalistes grecs travaillent librement en Turquie, que l'UE adore donner des leçons sur la liberté de la presse, alors que la Grèce, membre de l'UE, agit comme un État mafieux", a ajouté Altun.
Selon de récents rapports de presse, les autorités grecques ont déployé des éléments militaires sur l'île de Meis. La Turquie a critiqué cette décision, rappelant que l'île avait un statut démilitarisé depuis les traités de paix de Paris de 1947.