Hakan Türkmen
08 Juillet 2021•Mise à jour: 08 Juillet 2021
AA / Ankara
La colère a grandi d’un cran contre l'Église catholique au Canada, sur fond de découverte de tombes non marquées d'enfants dans ses pensionnats.
Au moins 751 tombes d’enfants ont été retrouvées dans le jardin d'une école paroissiale en Saskatchewan (centre), le 24 juin.
La télévision canadienne CTV a rapporté jeudi que la colère contre l'Eglise, qui refuse de s'excuser pour le scandale du pensionnat, augmente également chez ses propres fidèles.
Elle a expliqué que certains ont décidé de bouder les lieux de culte, si l’institution religieuse persiste à ne pas s’excuser.
D’autres ont décidé de mettre fin à leur relation avec l'Église, soulignant leur incapacité à choisir l’omerta face à ces atrocités tolérées par le clergé, indique la même source.
Pour sa part, l'écrivaine Bernadette Hardacre a expliqué qu'elle avait lutté, en interne, contre la position de l'Eglise sur de nombreuses questions, y compris les droits des autochtones, mais qu'elle avait fini par la quitter, lorsqu’elle a compris que ses agissements sont devenus insupportables.
Hardcare qui se considérait comme une "ancienne catholique", a exprimé sa "honte" de soutenir une institution qui fuit ses responsabilités au lieu de les assumer.
Elle a décrit la position de l'Église catholique comme "d’hypocrisie et de la faillite morale".
Elle a également jugé ce qui s'est passé dans les pensionnats comme "un péché très grave".
"Vous ne pouvez pas faire partie d'une organisation comme celle-ci toute votre vie, en fermant les yeux sur ce qui s'est passé", a-t-elle ajouté.
En mai dernier, des tombes non marquées de 215 enfants, dont certains n'avaient que 3 ans, ont été retrouvées sur le site de ce qui était, autrefois, le plus grand pensionnat autochtone du Canada, près de Kamloops, en Colombie-Britannique.
Il est à noter que ces écoles étaient sous la tutelle de l'Église catholique et sont restées ouvertes jusqu'au début des années soixante-dix du siècle dernier.
Les historiens canadiens disent qu'entre 1883 et 1996, environ 150 000 enfants autochtones ont été forcés de "s'assimiler" à la communauté blanche du Canada, en fréquentant des écoles souvent dirigées par des missionnaires chrétiens.
Ces enfants ont fait face à des violations majeures. En 2015, la Commission canadienne de vérité et réconciliation a qualifié ce qu'ils ont vécu de "génocide culturel". Les autochtones ont été empêchés de parler leur propre langue, violés, agressés sexuellement et même privés de nourriture, selon de nombreux témoignages.
*Traduit de l’arabe par Wejden Jlassi