Au Yémen ces dernières 24 heures : recul du CTS, reprise de sites stratégiques à Aden et déchéance d’al-Zubaidi
-Le sud du Yémen a été le théâtre, en l’espace de 24 heures, d’une succession de développements majeurs, entre reprise de sites stratégiques à Aden par les forces gouvernementales, révocations militaires et frappes aériennes
Istanbul
AA / Istanbul / Mariem Njeh
Le sud du Yémen a connu un tournant majeur au cours des dernières 24 heures. Sous l'impulsion du Conseil de direction présidentiel (PLC) et en coordination avec la Coalition menée par l'Arabie saoudite, les forces gouvernementales ont repris le contrôle de sites stratégiques à Aden. Ce basculement s'est accompagné d'une vaste purge institutionnelle rapportée par l'agence SABA et de frappes aériennes documentées par la télévision officielle yéménite, affaiblissant l’influence du Conseil de transition sud (CTS).
- Reprise d'Aden et couvre-feu
L'offensive a été marquée mercredi par la prise du palais présidentiel et de l'aéroport international d'Aden par les « Brigades des Géants » (Al-Amaliqa). Selon des sources gouvernementales et militaires citées par Anadolu, ces unités sont dirigées par Abdul Rahman al-Mahrami qui, bien que vice-président du Conseil de transition sud (CTS), a officiellement rallié l'autorité du président du Conseil de direction présidentiel (PLC), Rashad al-Alimi. Ce revirement stratégique a, selon les observateurs et les rapports de terrain, précipité la désorganisation du dispositif sécuritaire des forces séparatistes dans la capitale provisoire.
Dans la foulée de ces événements, un couvre-feu nocturne, effectif de 21h00 à 06h00, a été instauré à Aden afin de stabiliser la ville, selon un communiqué officiel des forces d'Al-Amaliqa. En parallèle, des sources militaires ont rapporté à Anadolu que les forces du « Bouclier de la Nation » (Dar’ al-Watan), arrivant de la province voisine d'Abyan, ont fait leur entrée dans la capitale provisoire pour renforcer ce nouveau dispositif sécuritaire.
- Déchéance d'Aidarus al-Zubaidi
Alors que le sort du chef du Conseil de transition sud (CTS), Aidarus al-Zubaidi, demeure incertain après sa fuite vers une destination inconnue signalée par un communiqué de la Coalition, le Conseil présidentiel a pris des mesures radicales lors d'une réunion d'urgence à Riyad. L'instance dirigeante a officiellement annoncé, via l'agence de presse SABA, la révocation de son adhésion au Conseil avant d'ordonner son arrestation pour "haute trahison" et "atteinte à la Constitution". Parallèlement, le Procureur général a été saisi, selon la même source officielle, afin d'ouvrir une enquête sur son implication présumée dans la distribution d'armes à Aden, une action dénoncée par les autorités comme une tentative délibérée de plonger la ville dans le chaos.
- Purge administrative et militaire
Afin de stabiliser la région, le président du Conseil de direction présidentiel, Rashad al-Alimi, a opéré une restructuration profonde des instances civiles et militaires, d’après les décrets officiels relayés par l’agence SABA. Au niveau local, le gouverneur d'Aden, Ahmed Hamed Lamlas, a été révoqué et traduit en justice, cédant sa place à Abdul Rahman al-Yafai, nommé ministre d'État et nouveau gouverneur, selon les annonces de la présidence. Ce remaniement s'est étendu au gouvernement national avec le limogeage des ministres des Transports, Abdulsalam Humaid, et de la Planification, Waed Badhib, tous deux visés par une enquête pour leur soutien aux activités séparatistes, rapporte le correspondant d'Anadolu. Enfin, le secteur militaire a fait l'objet d'une purge similaire : selon un communiqué de l'autorité locale à Hadramout, les commandants de la 2ème zone militaire, Talib Saeed Bargash, et de l'axe d'Al-Ghaydah ont été démis de leurs fonctions et renvoyés devant la cour martiale, tandis que Khaled al-Qathmi a été désigné pour prendre le commandement de la 2ème brigade de la garde présidentielle (SABA).
- Frappes aériennes à Dhale
Sur le front militaire, la Coalition a mené des « frappes préventives » ciblées dans la province de Dhale, bastion historique d'al-Zubaidi, selon les déclarations du porte-parole de la Coalition, Turki al-Maliki, rapportées par Anadolu. La télévision d'État yéménite a d'ailleurs diffusé des images d'explosions majeures frappant des dépôts d'armes et de munitions dans la région de Zubayd. De son côté, le Conseil de transition sud a officiellement confirmé ces raids aériens dans un communiqué, tout en exprimant son vif « mécontentement » face à ce qu'il qualifie d'escalade ne favorisant pas le dialogue.
- Contexte et dialogue à Riyad
Ce basculement stratégique intervient alors qu'une délégation du Conseil de transition sud (CTS) est arrivée à Riyad pour entamer des pourparlers sous médiation saoudienne, selon les déclarations de membres du Conseil relayées sur les réseaux sociaux. Après le recul de son influence à Mahra et Hadramoutdes le week-end dernier, conformément aux rapports de terrain de l'Agence Anadolu, le CTS voit désormais son autorité se réduire à quelques poches de résistance. En parallèle, le gouvernement légitime reprend progressivement la main sur les leviers économiques et sécuritaires essentiels du sud du pays, avec l'appui direct de la coalition.
