AA/Abidjan/ N’Guessan Kouassi Issiaka
Une usine de transformation de la graine de coton en huile de table et en tourteau pour le bétail, en construction à Korhogo (615 Km, au nord d’Abidjan), créera des milliers de postes d’emploi et valorisera les exportations du pays.
Dotée d’une capacité de 90.000 tonnes par an dès son entrée en activité en « janvier 2015 », cette structure servira de pierre angulaire pour ce qu’on appelle « la révolution du coton ivoirien », selon le promoteur de Cotraf SA, Ghazal Ali.
Cet investissement à hauteur de 8 milliards de FCFA (près de 17 millions usd) contribuera à la création de 500 emplois directs et d’un millier de postes indirects, essentiellement dans le nord du pays, selon le promoteur du projet.
Présentée comme étant « la plus performante de l’Afrique de l’Ouest du point de vue technologique », cette usine produira de l’huile à base de la graine de coton mais aussi à base de soja.
Les besoins de la Côte d’Ivoire en huile de table sont estimés à140.000 tonnes par an. L’approvisionnement du marché est jusqu’à présent assuré par la production à base d'huiles de palme, produite dans la région Sud du pays.
Les besoins en tourteau pour le bétail et la volaille s’élèvent, eux, à 35.000 tonnes par an, principalement importées depuis la fermeture de la première usine de trituration oléagineuse à base de graine de coton, Trituraf, installée à Bouake, en mars 1973.
Produit phare du pays, à côté du cacao, du café, de l’hévéa, de la banane douce et de la noix de cajou, le coton est le principal produit agricole destiné à l’industrie textile dans le Nord ivoirien.
Il fait vivre 113 547 producteurs agricoles réunis dans plusieurs structures coopératives. Ces producteurs avaient été démotivés, suite à la libéralisation du secteur en 1998. Leur production a par conséquent baissé déclenchant ainsi une véritable crise de production qui a atteint son point culminant en 2002.
En 2007, une intervention de l’Union Européenne en injectant 7 milliards de FCFA (près de 15 millions usd) a permis de sauver la filière, pour atteindre une production de 360.000 à 385.000 tonnes en 2014.
« La filière a retrouvé sa performance» a confié à Anadolu le président de l’Interprofession du coton, Tuo Lassina.
L’huile de coton produite localement contribuera à la régulation des prix d’achat assez élevés, en raison de l’exportation des besoins en la matière. Tout autant qu’elle permettra aux consommateurs ivoiriens de rompre avec la fraude y afférente» a affirmé Ghazal Ali.
Les principaux grands importateurs de l’or blanc ivoirien sont la Chine, l’Inde, le Pakistan et le Vietnam. En matière de production, la Côte d’Ivoire a pour ambition de se hisser au niveau des deux pays qui la devancent encore dans la sous-région ouest-africaine, à savoir, le Burkina Faso (700.000 tonnes/an) et le Mali (500.000 tonnes/an).