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RDC: Le "Mishopo", un met musulman qui nourrit la tolérance à Kamalando

A Kamalando, une adresse immanquable de l’art culinaire musulman facilite le dialogue des cultures.

26.03.2015
RDC: Le "Mishopo", un met musulman qui nourrit la tolérance à Kamalando

AA/ Lubumbashi (RDC)/ Héritier Maila

A Kamalando, (sud de la RDC), une adresse immanquable de l’art culinaire musulman facilite le dialogue des cultures: le «Mishopo».

Locaux et étrangers affluent, en effet, massivement dans la ville pour déguster ce met qui a fait la notoriété de la commune, et facilité l'intégration de sa communauté musulmane, originaire d'Afrique de l'Ouest.

  Le «Mishopo» n'est en réalité que de la viande de chèvre grillée mais « c'est la manière de préparer cette viande et d'abattre l'animal qui fait toute la différence »,  explique à Anadolu un vendeur qui a préféré l'anonymat.

 Selon lui,  « la viande est coupée en dés, épicée, assaisonnée de vinaigre et accompagnée de chikwangue (spécialité de pain locale) et d’oignons coupés en rondelles ».

Au fil des générations, ce savoir-faire cultivé et développé par la communauté musulmane de Kamalando a été transmis à des Congolais de la ville. Cette tradition culinaire est ainsi devenue un moyen de rapprochement culturel et social entre des habitants issus de divers horizons.

Le représentant de la communauté musulmane dans la province du Katanga, Al Hadj Useni Ngoy, explique à Anadolu que quelques centaines de musulmans sont venues d'Afrique de l'Ouest dès les années 80, attirés par l'essor économique que connaissait la ville de Lubumbashi, plaque tournante du secteur cuprifère. Ils sont actuellement « aux environs de 1500 dans cette localité », précise-t-il.

Là, les grillades de chèvre, pratiquées en Afrique de l'Ouest mais méconnues des Congolais, ont connu un essor remarquable dans un pays où seules les grillades de bœuf était cuisinées, ajoute le représentant des musulmans de Lubumbashi, chef lieu de la Province du Katanga, et dont Kamalando est l’une des 7 communes.

« Je me suis mis à vendre le Mishopo depuis environ 30 ans. Aujourd'hui, avec un commerce florissant, je me se sens parfaitement chez moi, ici, à Kalamando, et ses habitants sont mes frères. Je ne pense même plus à rentrer au Mali », confie le Malien Souleiman Ouattara, la soixantaine révolue.

Boubacar, un autre ressortissant malien qui tient également un étal de "Mishopo" à Kamalando, déclare à Anadolu que « les musulmans sont très bien intégrés en RDC  et notamment à Kalamando », ajoutant qu'ils font la prière à la mosquée et qu’ils n’ont jamais été gênés.

Boubacar pense derechef que le"Mishopo", plat auquel la communauté musulmane de Kalamando doit sa notoriété, a été pour quelque chose dans cette « cohésion culturelle et cette parfaite intégration au sein de la communauté locale ».

Les accrocs de ce délice savamment préparé par des restaurateurs musulmans se multiplient, fait-il remarquer,  le soir, entre 18 et 23 heures.

Al Hadji, autre ressortissant malien, se félicite d’un tel succès : « La communauté musulmane installée à Kamalondo est fière de contribuer au rayonnement du nom de cette Commune, réputée même sur le plan international grâce aux grillades que nous offrons aux touristes et aux hommes d'affaires étrangers qui n'hésitent pas à faire le détour pour déguster ce plat.»

Aujoud’hui, les étals de viande ne sont plus uniquement l’apanage des  Maliens ou des Sénégalais, les Congolais s'y sont également mis. L’activité a connu un grand essor et les rues de kamalando sont pour la plupart d’entre elles envahies par les étals de « Mishopo ».  L’odeur appétissante de ce met court les rues, créant un monde olfactif bien spécifique.

François Kazale, habitant de Kamalando, qui a, récemment, installé un étal pour vendre du "Mishopo" confie à Anadolu être fier de faire ce métier qu'il a « appris auprès d'un ami malien ».  Et d'ajouter que cette activité lui permet de faire une recette quotidienne allant de 250 à 300 dollars voire plus durant les week-ends et lors de certains évènements exceptionnels notamment, lors des matchs de l’équipe de Lubumbashi « Mazembe", le stade étant à Kalamando.

« Pour encourager ce métier, nous avons organisé l’année dernière la première édition du festival de grillade de la viande de chèvre et ce fût la grande fête», extrapole Michel kalwa, responsable local, remerciant « la communauté musulmane à qui les Congolais doivent cette tradition ».

L'Islam est arrivé en RDC vers 1860, par le commerce de l'ivoire, depuis l'Afrique de l'est. Le nombre exact de musulmans dans le pays n'est pas officiellement connu et diverge selon les sources. En effet, le nombre de 1,5 % est avancé par le Pew Research Center, tandis que selon le World Factbook de la CIA 10 % des Congolais sont adeptes de l'islam. D'autressources avancent 5 ou 15 % par rapport à près de 77,5 millions d'habitants (population totale de la RDC).

 
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