AA/ Béni/ Al-hadji Kudra Maliro
«Ici nous n’avons pas de médicaments, nos enfants souffrent de diarrhée, de typhoïde et de choléra, nous buvons de l’eau sale et nos sanitaires sont insalubres» confie, révoltée, une réfugiée du camp de Ndalya, un village de la province Orientale de la République Démocratique du Congo (Nord-Est).
Elle fait partie de centaines de Congolais qui ont quitté le territoire de Béni, dans le Nord-Kivu (Nord-Est) à la suite des massacres perpétrés par les rebelles ougandais des ADF (Forces démocratiques alliées) actives depuis plus de vingt ans dans cette partie de la RDC.
Elle dit avoir six enfants qu’elle a du mal à nourrir et à soigner, lançant un appel aux Organisations Non-Gouvernementales (ONG) pour leur venir en aide.
"Il est très difficile d'apporter une aide aux déplacés à Ndalya d’abord par ce qu’il y a un vrai problème d'accès à la zone où l’armée congolaise impose de fermes restrictions de circulation et ensuite parce que la sécurité y est très dégradée", souligne de son côté à Anadolu, Céline Schmidt porte-parole du Haut Commissariat des Nations-Unies pour les Réfugiés (HCR) en RDC.
Elle ajoute "nous avons, d’ailleurs, lancé un appel au Gouvernement pour faciliter l'accès des organisations humanitaires à la zone" relevant qu’étant donné les conditions sécuritaires dégradées, le HCR n'a plus de bureau à Béni et plus aucun camp n’est directement géré par l'agence onusienne dans la région depuis la fin de l’année écoulée.
En l’absence de soutien d’organisations internationales, les déplacés sont livrés à eux-mêmes et se débrouillent comme ils peuvent en aidant les habitants locaux dans le travail agricole ou en s'adonnant à quelques petits commerces.
Paluku Dieudonné, responsable local du camp et réfugié lui-même, relève ainsi «Nous avons de bonnes relations avec la population locale, les habitants nous fournissent de la nourriture et logent ceux parmi nous qui n’ont pas de tente». Il précise que le camp de Ndalya compte, pour le moment, environ 300 ménages.
Céline Schmidt fait remarquer que "généralement, les déplacés cherchent refuge dans les villages n'ayant pas été attaqués où ils vivent dans des écoles, des églises ou chez des familles d'accueil, tandis que d'autres installent des camps improvisés comme celui de Ndalya".
Concernant la présence de tentes HCR dans ce village, Schmidt présume qu'il s'agit de vieilles tentes récupérées par les habitants de la région où le HCR était intervenu à plusieurs reprises durant les dernières années.
Selon le porte-parole de la société civile de Béni, Omar Kavotha, "plus de 400 personnes sont portées disparues dans le territoire de Beni".
La même source précise à Anadolu que "les rebelles Ougandais des ADF (Forces Démocratiques alliés) qui interviennent depuis deux décennies dans la région ont déjà à leur actif plusieurs massacres dont des meurtres et des enlèvements qui demeurent mystérieux".
Les rebelles ougandais des ADF-Nalu ont déjà tué plus de 300 personnes depuis le mois d'octobre 2014, selon la même source, fait qui a poussé plusieurs familles à se réfugier dans des villages voisins à l’instar de Ndalya.